Entrevue avec Véronique Gagnon

 

De qui est composée votre famille?

Il y a moi, mon mari Frédérick, et les trois enfants: Noah (8 ans), Alicia (6 ans) et Isabella (3 ans). Notre chatte, Lola, fait aussi partie de la famille.

 

À quel endroit habitez-vous?

À Saint-Faustin-Lac-Carré .

 

Êtes-vous originaire de la région?

Frédérick est né à Val-d’Or et je suis de Pointe-Calumet. Nous nous sommes rencontrés à Mont-Tremblant.

 

Les enfants fréquentent-ils un service de garde?

Noah et Alicia vont à l’école primaire à Mont-Tremblant. Isabella est au CPE des Rires à Saint-Faustin-Lac-Carré. Ça fait 8 ans que nous fréquentons notre CPE, ce qui nous offre une grande tranquillité d’esprit.  Les trois enfants ont eu Diane comme éducatrice à la pouponnière. Même maintenant, lorsqu’on va chercher la plus jeune, les deux prennent plaisir à aller revoir les éducatrices.

 

Qu’est-ce qui représente un défi pour votre famille?

Concilier le travail et la famille. Mon mari a son entreprise, alors il arrive le soir et la routine des enfants est finie. L’organisation est donc hyper importante. Nous avons la chance d’avoir la mère de Frédérick qui habite près et qui s’occupe des enfants après l’école, je prépare des repas que je laisse dans son congélateur. Elle le réchauffe et je passe prendre les enfants et le repas lorsque je finis le travail. Ça me permet de me concentrer sur les devoirs, les bains et le dodo. Il n’y a rien qui prépare les parents à vivre cette réalité. On doit trouver des trucs et ne pas trop s’en faire si on n’arrive pas à mettre en pratique toutes les théories d’éducation qu’on entend.

 

Qu’est-ce qui a changé dans votre vie depuis l’arrivée des enfants?

Nous avons eu à nous adapter côté budget. Mon mari a démarré son entreprise, alors on vivait avec mon seul salaire qui a été diminué de moitié lors de mes congés de maternité. On a revu nos priorités. Lorsqu’on paie des couches pendant 8 ans, ça laisse moins d’argent pour le magasinage. 😉

Nous voyageons moins qu’avant. Nous sommes allés à Cuba en famille, mais ce n’était pas le type de voyage que l’on faisait avant. Ça demande plus de planification.

Le ménage aussi! La maison ne semble jamais en ordre. 🙂

 

 

Quels sont les services qui facilitent la vie de votre famille?

Lors de ma première grossesse, nous avons participé aux cours prénataux du centre Pleine Lune. Nous avions un beau plan de naissance et tout a pris le bord après 26 heures de travail et une césarienne d’urgence. L’allaitement n’allait pas bien, je n’allais pas bien. Je me sentais jugée de ne pas allaiter, j’étais en détresse. Lorsque mon mari est retourné au travail après son congé de paternité, je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire avec mon bébé. Il se réveillait tellement tôt le matin, j’étais à l’épicerie dès l’ouverture… juste pour sortir de la maison et je cherchais quoi faire de ma journée. Avec le recul, je peux dire que j’ai vécu une dépression post-partum. J’étais sous le choc de la naissance de mon premier enfant.

C’est à ce moment-là qu’une infirmière du CLSC m’a parlé de la Maison de la Famille du Nord. Je ne me sentais pas jugée dans mes choix, il y avait même un chauffe-biberon sur place. Je me sentais « normale ».  J’ai participé à deux séries d’ateliers avec mon bébé et je me suis fait un réseau d’amies qui avaient de jeunes enfants. Ça a été déterminant dans mon rôle de mère.

J’ai dernièrement décidé de m’impliquer sur le conseil d’administration de la Maison de la Famille du Nord pour redonner un peu de ce que j’ai reçu à l’époque.

 

Cette dépression post-partum a-t-elle influencée le choix d’avoir d’autres enfants?

Non, nous avions le souhait d’avoir trois enfants et, malgré le fait que ça n’ait pas été facile au début, nous sommes passés au travers. Nous avons aussi vécu trois fausses couches, une après Noah et deux après Alicia. Ça n’a pas changé notre plan non plus.

 

Quelles sont les activités que vous aimez faire en famille?

Nous aimons le camping, particulièrement au lac Simon dans l’Outaouais. Nous participons aux activités familiales de la municipalité (fêtes municipales, fêtes d’Halloween ou de Noël, ateliers culinaires, ligue de baseball…). Nous allons à la piscine à Mont-Tremblant, nous visitons les heures du conte à St-Faustin-Lac-Carré ou à Lac-Supérieur. Nous avons déjà participé aux ateliers d’éveil musical du Petit Conservatoire d’Estelle à Mont-Tremblant.

Il y a deux ans, nous souhaitions organiser un pique-nique familial et nous avons invité des amis à se joindre à nous…de fil en aiguille, c’est devenu l’activité Jouons dehors en famille. Nous sortons le BBQ de la boucherie de mon mari et les familles viennent passer du bon temps ensemble.

Je trouve que c’est plus facile avec les enfants de sortir, de faire des activités plutôt que je rester à la maison. Ils s’obstinent moins lorsqu’ils sont occupés. 🙂

 

Quel conseil pourriez-vous donner à une mère qui vit une dépression post-partum?

D’arrêter d’écouter les conseils de tout le monde. On peut répondre: « Merci » et faire ce qui nous semble bien pour nous. Je lui dirais de se faire confiance. Elle va le savoir quand son enfant aura froid, quand il aura faim…

Je lui conseillerais d’avoir l’écoute attentive d’une amie ou toute autre personne qui n’est pas dans le jugement. De conserver sa vie sociale, ça aide à décompresser. D’intégrer les enfants à ses activités, ils peuvent s’adapter

 

 

Pour en savoir plus:

La dépression post-partum

Naitre et Grandir

 

Ressources pour les parents vivant un deuil périnatal

Université du Québec en Outaouais

 

Contacter un travailleur social 24h/7 jours

CISSS des Laurentides