Entrevue avec Martine, Olivier et Clémence de Sainte-Agathe

 

De qui est composée votre famille?

Martine: Olivier, moi, notre fille Clémence (3 ans) et nous attendons un bébé à la fin octobre.

 

À quel endroit habitez-vous?

Martine: À Sainte-Agathe

 

Êtes-vous originaire de la région?

Martine: Je suis de Montréal

Olivier: Je suis de Sainte-Agathe. J’ai habité à Montréal pendant une période de temps, pour les études. C’est là que j’ai rencontré Martine. Par la suite, j’ai étudié la taille de pierre à Lac-Mégantic avant de revenir dans la région pour lancer mon entreprise.

 

Avez-vous un réseau pour vous aider avec votre fille?

Olivier: Ma famille est à Sainte-Agathe. Mes parents sont à la retraite et sont très disponibles pour leurs cinq petits enfants. Ma mère a été chef de l’unité d’obstétrique à l’hôpital et a fait des suivis postnatals pendant longtemps. Elle adore les enfants. Elle nous a donné un bon coup de main suite à la naissance de Clémence et c’est elle qui s’en occupera pendant qu’on sera à l’hôpital pour accueillir notre deuxième bébé.

 

Que trouvez-vous le plus beau de la vie de famille?

Martine: J’avais hâte d’avoir un enfant pour lui transmettre nos valeurs. La vie est plus riche. Clémence découvre tout pour la première fois et est émerveillée.  Elle nous pousse à être meilleurs, à devenir des modèles.

J’aime aussi l’implication d’Olivier en tant que père. Il est très présent. Je pense qu’il a plus d’instinct paternel que j’ai d’instinct maternel. 🙂

Olivier: J’aime montrer des choses à Clémence, faire le lien entre ce qu’elle connait et de nouvelles connaissances. Ça nous garde le cœur jeune.

 

Qu’est-ce qui représente un défi pour votre famille?

Olivier: La routine. Avant, nous n’en avions pas. Avec un enfant, elle s’installe par elle-même.  Je trouve que c’est important de briser la routine une fois de temps en temps, faire une sortie après le souper un soir de semaine. Laisser la place aux occasions spéciales.

Martine: Olivier est en démarrage d’entreprise. De mon côté, je suis à la fin de ma grossesse et je terminais mes contrats, jusqu’à tout récemment. Disons qu’il y a un peu plus de stress qu’à l’habitude ces derniers temps et je dors un peu moins bien. Je réalise que, pour la première fois depuis l’arrivée de Clémence, il y a des moments où j’ai moins de patience qu’à l’habitude et je n’aime pas ça.

 

Clémence fréquente-t-elle une garderie?

Olivier: Oui, elle va dans un milieu familial accrédité par le bureau coordonnateur du CPE l’Antre-Temps. Comme nous sommes végétariens, nous souhaitions  un milieu qui allait offrir un menu végé, c’était très important. Nous sommes chanceux d’avoir un service de garde qui fait une grande place à la nature et aux jeux à l’extérieur.

 

Qu’est-ce qui a changé depuis l’arrivée de Clémence?

Olivier: Les priorités ne sont pas les mêmes. Avant, quand j’avais un peu d’argent de côté, je partais en voyage, par exemple. Maintenant, j’ai envie d’investir dans des activités pour ma fille, pour son bien-être.  Je fais plus attention à moi. Je ne veux pas qu’il m’arrive quoi que ce soit, parce que je ne veux pas manquer un instant de sa vie. Je suis le genre de gars qui quittait toujours le party en dernier pour ne rien manquer… Il y a aussi la découverte d’un amour qui dépasse tout. J’aime Martine, mais j’ai un amour inconditionnel pour Clémence, c’est différent.

 

Vous sentez-vous prêts pour l’arrivée de bébé?

Martine: Contrairement à ma première grossesse, cette fois-ci, j’ai moins de temps. Je viens tout juste d’arrêter de travailler, je commence à préparer des repas, faire du ménage et j’essaie de me reposer. Je fais du yoga prénatal à Ô Centre yoga. Ça m’aide à me préparer mentalement à ce qui s’en vient!

Olivier: Lors de l’arrivée de Clémence,  j’avais un travail saisonnier. J’étais donc très disponible. Cette fois-ci, comme je suis en lancement d’entreprise, j’ai moins de temps. Par contre, Martine et moi avons les mêmes priorités, c’est la famille d’abord et le travail ensuite et nous allons continuer comme ça.

Clémence: J’ai hâte que ma sœur arrive, je vais jouer avec elle et toujours changer sa couche.

 

Quelles sont les activités que vous aimez faire avec votre fille?

Olivier: Nous nous sommes beaucoup promenés en raquette avec Clémence dans le porte-bébé. Elle va commencer le ski alpin cet hiver à la Vallée Bleue. Nous aimons aussi jouer de la musique avec elle. Nous avons plein d’instruments au sous-sol, car nous jouons tous les deux. Nous ne souhaitons pas nécessairement qu’elle prenne des cours de musique si l’intérêt n’y est pas, mais qu’elle apprenne avec nous, dans le plaisir de jouer ensemble.

Martine: Je suis graphiste-illustratrice, alors c’est certain que j’adore faire du bricolage avec elle. Pour moi ça fait partie de la vie de famille, fabriquer des décorations, faire des casse-têtes.  Nous participons aussi aux activités de la bibliothèque; les heures du conte, le club de lecture Litou Lapin… nous lisons des livres tous les soirs. Nous allons aussi voir les spectacles pour enfant au Théâtre Le Patriote et à la Place Lagny.

 

Quels sont les services que vous utilisez et qui vous facilitent la vie?

Martine: Lors de ma première grossesse, nous voulions aller en maison de naissance et avoir un suivi avec une sage-femme, mais nous n’avons pas pu, faute de place. Nous avons finalement eu une très belle expérience d’accouchement à l’unité des naissances de l’hôpital de Sainte-Agathe. Tellement que pour notre deuxième enfant, nous avons fait le choix que ça se passe au même endroit.

Olivier: Le personnel infirmier était vraiment attentionné. Ils n’étaient pas interventionnistes, ils nous ont laissé dormir quand on en avait besoin. Ils ont été très respectueux de notre choix que ça se passe le plus naturellement possible.

Martine: Suite à la naissance de Clémence, j’ai eu de la difficulté avec l’allaitement. Elle ne prenait pas assez de poids et on ressentait beaucoup de pression. J’ai reçu de l’aide de Nathalie Drouin, infirmière au CLSC en plus du soutien inconditionnel de mon chum qui est allé chercher plein d’information et qui participait à sa façon à l’allaitement. Cette fois-ci, nous sommes mieux outillés, nous avons de l’expérience et nous savons vers qui nous tourner en cas de problème.

Olivier: Pour le démarrage de mon entreprise, j’ai reçu de l’information du Carrefour jeunesse-emploi Laurentides et j’ai suivi le cours Lancement d’entreprise au CFP des Sommets. Du plus, j’ai eu droit au programme de soutien au travaille autonome (STA) du centre local d’emploi et du soutien de la Corporation de développement économique, sans oublier du financement de la SADC des Laurentides. Ça me donne vraiment un gros coup de main. De plus, ce n’est pas seulement un soutien financier, mais il y a des gens qui nous aident à développer notre entreprise et nous offrent de la formation.

 

Qu’est-ce qui représente un défi pour votre famille?

Martine: Comme je suis une personne solitaire, il est important pour moi de garder du temps pour mes projets créatifs. Avant que Clémence soit à la garderie, j’essayais de tout faire en même temps. J’ai révisé mes attentes. C’est plus facile d’y aller une journée à la fois, sinon on n’y arrive pas. Comme nous sommes deux travailleurs autonomes, nous devons jongler avec tous les rôles et garder l’équilibre.

 

Quel conseil donneriez-vous à des parents travailleurs autonomes qui attendent un enfant?

Martine: Avoir des journées pour ne rien faire, ne rien planifier.  Mettre la vie de famille en priorité. Lorsque nous sommes stressés, nos enfants le ressentent et tout le monde est perdant.

Olivier: Se laisser aller, s’arrêter, être présent pour vrai. Il faut avoir la capacité d’être dans l’incertitude, de ne pas toujours savoir si les contrats s’en viennent. Laisser faire les commentaires des gens qui nous disent: « Tu vas voir, quand elle aura 2 ans… Tu vas voir quand ce sera le temps de la coucher dans son lit… » Tout le monde fait à sa façon et c’est parfait comme ça. Je ne suis pas stressé avec l’arrivée de bébé ou par nos entreprises, tant qu’on est toute la famille ensemble, en santé, tout le reste est moins important.

 

 

Pour en savoir plus:

Arrivé de bébé: préparer mon enfant

Naître et Grandir

 

Régime Québécois d’assurance parental; travailleur autonome

Travail, Emploi et Solidarité sociale Québec

 

L’arrivée de bébé dans la famille, aider son enfant grâce aux livres

Vidéo Naître et Grandir

 

 

 

Photo de gauche à droite: Martine, Clémence et Olivier.

Crédit photo: Suzanne Piché-Gohier