Entrevue avec Chantal de Mont-Tremblant

 

De qui est composée votre famille?

Moi et ma fille Delphine, qui a 3 ans.

 

À quel endroit habitez-vous?

Nous habitons à Mont-Tremblant.

 

Êtes-vous originaire de la région?

Non, pas du tout. Je viens de la Rive-Sud de Montréal, de St-Jean-Sur-Richelieu. J’ai habité à Montréal pendant un moment, puis je suis partie voyager en Europe pendant deux ans. À mon retour, j’ai eu une opportunité de travail dans la région. J’habite dans les Laurentides depuis 5 ans.

 

Est-ce que vous avez un réseau pour vous aider avec Delphine?

Mes amis et mon frère sont sur la Rive-Sud. Par contre, je me suis bâti un réseau d’amis ici. Particulièrement depuis ma grossesse. Ce sont tout de même des amis qui ont leur famille, leur vie… alors ce n’est pas évident pour eux de me donner un coup de main.

 

Qu’est-ce qui représente un défi pour votre vie de famille?

J’ai eu Delphine grâce à la fécondation in vitro en tant que maman solo. Ce qui fait que je suis la seule responsable de Delphine, et ce , 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et la seule à prendre les décisions. À moins de la faire garder, je n’ai pas de fin de semaine juste pour moi. Delphine a un très fort attachement envers moi. C’est souvent le rôle du père dans la famille de briser la dyade mère-enfant. Comme nous sommes seules, ça ne se fait pas de la même façon.

Je trouve qu’on a une pression énorme de nos jours pour être des parents parfaits; on nous dit qu’il faut allaiter, qu’on tombera en amour dès qu’on rencontrera notre bébé, que la maternité c’est génial. On ne nous présente pas les côtés plus sombres, les moments plus difficiles.

 

Comment avez-vous décidé d’avoir recours à la fécondation in vitro?

Je voulais un enfant et je m’étais dit que, si à 35 ans je n’avais pas de conjoint, j’allais avoir recours à la fécondation in vitro. J’ai commencé à suivre un forum de discussion de mères solos. Ça m’a permis d’avoir plus d’informations.

Au début du processus, il y a une rencontre avec un psychologue. Cette rencontre permet de nous préparer à répondre aux questions que posera inévitablement notre enfant plus tard. Je garde les documents concernant le père biologique de ma fille, dont une photo de lui quand il était bébé. Lorsqu’elle sera prête, elle pourra y avoir accès et je répondrai à ses questions. Je n’ai pas l’intention de lui cacher quoi que ce soit.

Pour lui expliquer d’où elle vient, j’ai trouvé un livre super intéressant. La quête de Somy, c’est notre histoire. Celle d’une femme célibataire qui décide de devenir mère. Pour l’instant, elle n’est pas trop intéressée à ce livre, mais ça viendra peut-être plus tard.

 

Avez-vous eu des doutes quant à votre choix pendant le processus de fécondation ou la grossesse?

Je n’ai eu aucun doute durant le processus, quoi que ce soit très exigent physiquement et psychologiquement. Cependant, avec la grossesse, les inquiétudes sont apparues. À l’arrivé de bébé, ça n’a qu’été pire. C’est là que j’ai réalisé ce que c’était réellement d’être une maman solo. J’avais eu de la difficulté à tomber enceinte, j’ai eu une grossesse difficile, un accouchement difficile et un allaitement difficile. Dans ce contexte, c’est certain que je me suis posé des questions.

Suite à ces deux années intenses, je suis retournée travailler à temps plein. Un an après mon retour, j’ai dû arrêter de travailler lorsque j’ai réalisé que j’étais en dépression avec un trouble anxieux généralisé.

 

Quels sont les services qui facilitent votre vie de famille?

J’ai eu le soutien d’Amélie Blanchette, accompagnante à la naissance, lors de ma grossesse et de mon accouchement et je le recommande fortement! J’ai suivi mes cours prénataux auprès d’Isabelle Chalut du Centre Pleine Lune. J’ai également reçu l’aide d’une marraine d’allaitement Nourri-Source et d’une infirmière au CLSC pour l’allaitement. J’ai fréquenté les petits déjeuners de la Maison de la Famille du Nord où j’ai rencontré d’autres mères. Ça m’a aidé à me faire un réseau.

J’utilise les bazars, comme la boutique Les Abeilles à Val-David et les différents babillards sur Facebook pour trouver les items dont j’ai besoin. Je n’achète pratiquement rien de neuf.

 

Quelles sont les activités familiales que vous aimez faire?

J’ai participé à un cours de natation prénatal avec Karen Sampson. Delphine suit des cours de natation avec elle depuis qu’elle est toute petite. Nous profitons des bains libres au complexe aquatique de Mont-Tremblant.

Je consulte le calendrier des activités du Cal en bourg 0-5 ans pour trouver des activités gratuites et en découvrir de nouvelles. Nous avons participé à la fête des récoltes sur une ferme, aux heures du conte, à CIRCULITOUT, aux ateliers de cirque avec Stéphanie

 

Y a-t-il des services que vous avez découverts de façon tardive et que vous auriez aimé connaître lorsque Delphine était plus jeune?

J’étais déjà bien informée. Sinon, La Maison de la Famille du Nord, l’Info-Social (811, option 2) et les groupes Facebook sont de bons endroits pour obtenir de l’information.

 

Quels conseils donneriez-vous à une mère qui souhaite avoir un enfant seule?

De se bâtir un réseau fiable de gens prêt à l’aider. De ne pas hésiter à utiliser les services qui sont en place. Si elle planifie travailler temps plein suite au congé de maternité, ça prend beaucoup d’organisation. Assumer la routine seule en plus du travail, c’est exigeant.  Je lui dirais aussi de se faire confiance, dans ses décisions et la façon dont elle souhaite éduquer son enfant.

 

 

Pour en savoir plus:

Faire un bébé toute seule

Enfant Québec

 

J’ai décidée de faire un enfant seule– page Facebook

17 témoignages de la journaliste Léa Lozère.

 

Service de procréation assitée

Site internet du Gouvernement du Québec

 

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Sur la photo: Chantal et Delphine