Entrevue avec Carolyne et Charles de Brébeuf

 

De qui est composée votre famille?

Charles: Moi et Carolyne puis les enfants: Loïk (3 ans) et Mathis (15 mois) et bébé 3 pour avril prochain.

 

À quel endroit habitez-vous? 

Charles: À Brébeuf.

 

Êtes-vous originaire de la région?

Charles: Oui, j’ai grandi à Brébeuf sur la ferme familiale. C’est une ferme laitière qui appartenait à mon grand-père, puis à mon père. Ma mère s’est intégrée au fil des ans. Pour ma part, j’ai joint l’entreprise à la sortie de mon DEC en 2006. Carolyne s’implique comme elle peut, depuis 2008. Nous avons tous les deux une formation de gestion en exploitation d’entreprise agricole.

Carolyne: Moi, je suis originaire de Maniwaki. Depuis la fin de mes études, j’occupe un poste à temps partiel au CIAQ comme inséminatrice et une poste temps plein chez Valacta en tant que conseillère en production laitière. Ses emplois me permettent de parfaire mes connaissances et d’apporter des améliorations à la ferme.

À quoi ça ressemble de grandir sur une ferme?

Charles: Mon père me montrait à conduire le tracteur et à utiliser les différents équipements. Parfois, quand ma mère utilisait un nouvel équipement, je connaissais les boutons mieux qu’elle. 🙂 Je me souviens de la fierté de conduire le tracteur seul pour la première fois. Mon grand-père était à l’autre bout du champ et il me voyait arriver sans comprendre qui conduisait le tracteur… je n’étais pas si âgé. C’était une autre époque… 🙂

 

À quoi ça ressemble les horaires de propriétaires de ferme?

Charles: C’est certain que ce sont des horaires atypiques qui varient selon la saison et la température. On travaille plus quand il fait beau. En période de rush, il arrive que j’ai plusieurs journées qui débutent tôt le matin pour se terminer à 22h.  Une journée normale d’été va de 6h30  à 21h. En hiver c’est plus relax. Il faut aller deux fois par jour à l’étable pour nourrir les animaux. Ça représente 5 ou 6 heures de travail. Sur une ferme, il y a toujours du travail à faire.

Carolyne: Avec les grossesses, je ne suis pas aussi disponible que j’aimerais l’être pour donner un coup de main. J’essaie de concilier travail-famille et d’aider pendant les gros rushs d’été ou quand il manque une personne pour le train et que je sais qu’ils finiront tard dans les champs.

 

Comment arrivez-vous à conjuguer la vie familiale et la vie à la ferme?

Carolyne: Comme c’est mon troisième congé de maternité en quatre ans, je suis assez disponible pour la routine des enfants. Ils sont inscrits dans un service de garde en milieu familial subventionné. Nous croyons qu’il est important que les enfants voient autre chose et qu’ils sociabilisent avec d’autres enfants de leur âge, par seulement avec des veaux (rires). Nancy, l’éducatrice, est super avec les enfants et ils l’aiment beaucoup.

Charles: Je fais mon horaire moi-même, quand Carolyne travaille, je peux aller chercher les enfants à la garderie, les faire souper et les amener à la ferme. Il y a un genre de siège d’appoint dans les nouveaux tracteurs, c’est parfait pour un enfant. Nous avons aussi la chance d’habiter près de ma mère qui travaille à temps partiel, elle peut nous donner un coup de main.

Carolyne: Ma mère habite toujours à Maniwaki. Lorsqu’on a besoin, elle vient passer quelques jours pour me prêter main-forte. Nous pouvons compter sur elle, malgré la distance.

 

Souhaitez-vous que vos enfants reprennent la ferme familiale plus tard?

Carolyne: Nous serions fiers si un de nos enfants prend l’entreprise familiale plus tard, mais ce que nous voulons par-dessus tout c’est qu’ils aient des emplois qu’ils aiment dans des domaines qui les motivent. Si c’est en agriculture, et bien tant mieux!

 

Qu’est-ce qui représente un défi pour votre famille?

Carolyne: La constance au quotidien. Bien établir les limites avec une enfant de 3 ans, ce n’est pas toujours évident. Conjuguer aussi avec le lot d’imprévus que peut apporter une ferme.

Charles: Un peu comme nous disions plus tôt, les horaires atypiques font en sorte que l’été, je ne suis pas disponible pour les activités. Par contre, je viens souper pratiquement tous les soirs et ça me permet de voir les enfants avant de retourner à la ferme. L’hiver c’est plus facile pour tout le monde. Je me vois bien aller aux pratiques de hockey des enfants plus tard.

 

Qu’est-ce qui a le plus changé dans votre vie depuis l’arrivée des enfants?

Carolyne: Le sommeil 🙂 ! J’ai aussi l’impression que l’arrivée des enfants change un peu plus la vie de la mère que du père puisque c’est souvent elle qui prend le congé parental. Je me souviens, lorsque Loïk avait deux mois, je regardais Charles partir travailler et j’aurais voulu y aller moi aussi. L’arrivée d’un enfant, ça demande toujours de l’adaptation.

Charles: On voit un peu moins nos amis. Ils ont tous des enfants alors ils sont aussi occupés que nous.

 

Quelles sont les activités que vous aimez faire avec les enfants?

Charles: C’est certain que les enfants aiment beaucoup aller à la ferme. L’été, lorsque j’y retourne après le souper, Loïk voudrait bien suivre son papa.

Carolyne: J’ai fait des cours de fitness poussette avec Karen Sampson. J’ai aussi suivi des cours d’aquaforme pendant mes grossesses. J’ai continué avec bébé par la suite. Ça permet de sociabiliser et de garder la forme. J’ai été à quelques haltes-allaitement Nourri-Source.

 

Quels sont les services que vous utilisez et qui facilitent votre vie de famille?

Carolyne: Nous avons suivi le cours prénatal avec le Centre Pleine Lune et nous avons eu la visite de l’unité des naissances à l’hôpital de Sainte-Agathe au cours de laquelle on nous remettait de l’information sur l’alimentation pour moi et bébé et sur l’allaitement.

Dernièrement, j’ai participé à un atelier sur le langage des signes pour bébé offert par Marie-Claude Cossette à la Maison de la Famille du Nord.

 

Y a-t-il des activités ou des services que vous avez découverts tardivement et que vous auriez aimé connaître avant?

Carolyne: Dans le cas du fitness poussette, j’y suis allée seulement à mon deuxième bébé. Participer à cette activité m’a permis de rencontrer d’autres mères et de découvrir plusieurs autres activités et services. Quand j’y pense, je me dis que j’aurais dû y aller après mon premier accouchement.

 

Quels conseils donneriez-vous à des agriculteurs qui souhaitent avoir des enfants?

Charles: De ne pas avoir peur de demander de l’aide à leur entourage. Il est parfois difficile de faire garder les enfants, même par notre famille, mais ça donne un bon coup de main.

Carolyne: On réalise qu’avoir des enfants rapprochés un de l’autre, c’est plus difficile. J’irais dans le même sens que Charles…accepter l’aide que nos proches nous offrent. Même si ce n’est pas toujours facile.

 

Pour en savoir plus:

S’installer en campagne pour élever sa famille

Sur la Route des 20, Radio-Canada

 

Élever son enfant sur une ferme

Entrevue de Naître et Grandir