Entrevue avec Julie et Éric de Val-David

 

De qui est composée votre famille?

Julie: Éric et moi sommes les parents de Jeanne (5 ans) et Antoine (7 ans 1/2).

 

À quel endroit habitez-vous?

Éric: À Val-David

 

Êtes-vous originaire de la région?

Julie: Je viens de l’Abitibi, je suis déménagée dans les Laurentides pour travailler au parc national du Mont-Tremblant.

Éric: Je suis de Montréal. Après ma formation, j’ai eu un emploi au parc national du Mont-Tremblant.

Julie: Devine où nous nous sommes rencontrés 😉

 

Depuis combien de temps êtes-vous séparés?

Julie: Depuis 2 ans 1/2. Je suis déménagée à Saint-Faustin-Lac-Carré pendant un bref moment, puis j’ai décidé de venir m’installer à Val-David. Éric est déménagé près de chez moi récemment.

 

Qu’est-ce qui a le plus changé dans vos vies depuis l’arrivée des enfants?

Éric: Avant les enfants, nous n’avions pas d’horaire. L’arrivée des enfants nous a amené à instaurer une routine. Nous sommes un peu plus disciplinés depuis.

Julie: La première année d’Antoine a été extrêmement difficile. L’allaitement a été compliqué, nous avons consulté des spécialistes pendant 3-4 mois avant qu’ils trouvent vraiment ce qui n’allait pas. Ça nous a causé beaucoup de pression et de culpabilité. Je ne produisais pas assez de lait et personne ne pouvait cerner le problème. Je devais tirer du lait, puis allaiter Antoine avec le tube et le sein pour qu’il stimule la production. Une fois à la maison c’était l’enfer.

Éric: Tous les parents vivent des difficultés suite à l’arrivée d’un enfant. Dans notre cas, nous n’avons pas été capables de traverser ces périodes sans dommage.

Julie: Serions-nous encore ensemble aujourd’hui si ça n’avait pas été de tout cela? Impossible à dire. C’est certain que nous avons vécu beaucoup de choses difficiles dans les années suivant l’arrivée des enfants.

 

Qu’est-ce qui aide à garder une bonne relation?

Éric: Je crois que nous ne sommes pas des parents séparés « typiques », dans le sens où nous sommes de bons amis, nous avons une très bonne relation. Nous avons beaucoup de respect un pour l’autre. Notre relation est encore plus facile depuis que nous sommes séparés. C’est certain que c’est difficile de se séparer, c’est triste. Il faut faire le deuil de la famille sous le même toit.

Julie: Nous côtoyons encore la famille de l’autre à l’occasion. Il arrive qu’Éric aille voir ma sœur, que je garde les enfants de son frère, etc.

Éric: Au début, la garde n’était pas très claire, nous y allions selon les besoins de chacun un peu sur le modèle de 2-2-3. Depuis peu, nous avons instauré un horaire un peu plus précis. Ça aide à planifier nos activités chacun de notre côté.

 

Comment les enfants ont-ils réagi à l’annonce de la séparation?

Julie: Jeanne était encore petite, elle ne réalisait pas tellement.

Éric: Antoine avait 5 ans, alors il avait une meilleure compréhension de ce qui se passait, mais il ne semblait pas être affecté outre mesure. Nous nous sommes assuré qu’il puisse discuter avec nous de ses émotions. Il a ressenti de la tristesse, mais ça n’a pas duré longtemps. Je pense que ça aurait été beaucoup plus difficile pour les enfants s’ils avaient été plus vieux.

Julie: Comme Éric est resté à Lac-Supérieur pendant un moment, nous n’avions pas changé Antoine d’école tout de suite. Ça a été plus difficile lorsqu’il a dû changer d’école. Il ne voulait pas. Nous avons fait la transition l’été et il a parlé des amis de son ancienne école pendant longtemps.

Éric: Au début, nous faisions plus d’activités les 4 ensembles. Le temps de faire une transition.

 

Qu’est-ce qui est le plus difficile de la garde partagée?

Julie: Au début surtout, j’étais triste quand les enfants partaient. Je n’avais pas toujours le goût de faire une activité  et d’utiliser ma « liberté ». C’est facile de se sentir coupable.

 

Y a -t-il des côtés positifs à la garde partagée?

Éric: Je trouve que c’est plus facile d’être 100% présent pour les enfants. On a du temps pour soi quand ils n’y sont pas alors on n’a pas de concessions à faire, contrairement à la vie en famille quand on est en couple.

Julie: De notre côté, les enfants sont vraiment survoltés quand nous sommes tous les quatre ensemble. Il y a plus de discipline à faire que lorsqu’ils sont seuls avec un de nous deux. C’est plus facile comme ça.

 

Quels sont les services qui facilitent votre vie de famille?

Julie: Après la naissance d’Antoine, c’est à l’Hôpital juif de Montréal que nous avons trouvé les réponses aux problèmes d’allaitement. J’ai aussi participé aux haltes-allaitement de Nourri-Source. Lorsque Éric est déménagé, nous avons dû trouver une nouvelle garderie pour Jeanne. Elle était au CPE des Rires que j’aimais beaucoup. Nous avons utilisé le site internet magarderie.com pour trouver un service de garde en milieu familial subventionné. Ça n’a pas été compliqué.

Éric: Nous avons aussi participé aux conférences sur la discipline positive avec Brigitte Racine organisée par le Cal en bourg 0-5 ans. Nous visitons aussi le site internet du Cal en bourg pour consulter le calendrier des activités.

Julie:  J’avais lu le livre « Les parents se séparent » aux éditions du CHU Sainte-Justine pour m’aider à faire face aux réactions des enfants.

 

Quelles sont les activités que vous aimez faire avec les enfants?

Julie: Suite à la naissance d’Antoine, j’ai participé au fitness poussette avec Karen Sampson. Il a suivi des cours de natation avec elle par la suite. J’aime participer aux heures du conte dans les différentes bibliothèques avec les enfants. Nous avons participé à CIRCULITOUT l’été dernier. Nous allons voir les spectacles pour enfants au Théâtre Le Patriote à Sainte-Agathe. Nous aimons aller à la Tohu à Montréal.

Éric: Nous les amenons voir des spectacles de musiques… nous aimons sortir et bouger.

Julie: Antoine fait du karaté et nous aimons beaucoup l’enseignement qui lui est offert à l’école de karaté Budo Kwai de Sainte-Agathe. Nous avons participé à des ateliers d’éveil musical avec le Petit Conservatoire d’Estelle à Mont-Tremblant. Nous allons souvent à la patinoire publique de Val-David. Nous utilisons aussi la Cinémathèque de Val-David, car je n’ai pas le câble à la maison.

 

Quels conseils donneriez-vous à des parents qui envisagent une séparation?

Julie: Il faut mettre les enfants au premier plan et prendre les décisions en fonction de leur bien-être. Il faut aussi être patient, ça se peut que ce soit long de régler les choses.

Éric: La communication entre les parents est importante. Au début, nous nous sommes texté presque tous les jours. Ce n’est pas parce que nous ne sommes plus un couple que nous ne sommes plus là un pour l’autre. Si nous avons besoin de faire garder les enfants pour une raison ou une autre, nous appelons l’autre parent d’abord pour voir s’il est disponible.

Julie: Il ne faut pas hésiter à aller chercher de l’aide. Pour ma part, j’ai vu une psychologue et ça m’a aidée à gérer le stress et les émotions qu’une séparation occasionne. Ça m’a permis de mieux aider les enfants aussi.

 

Pour en savoir plus:

Comment aider les enfants à affronter une séparation ou un divorce

Soin de nos enfants

 

Dossier séparation et divorce; ce qu’il faut savoir quand la famille éclate

Éducaloi

 

Se séparer sans tout casser

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