Entrevue avec Marilou de Lac-Supérieur.

 

De qui est composée votre famille?

Il y a David, moi et Benjamin qui a 6 mois.

 

À quel endroit habitez-vous?

À Lac-Supérieur.

 

Êtes-vous originaire de la région?

David est de Montmagny et je suis née en Gaspésie. J’ai par la suite habité à Laval et Saint-Eustache.

 

Après la naissance de votre enfant, à quel moment es-tu retournée travailler?

Comme j’ai une entreprise, un salon de coiffure à Saint-Eustache, j’ai fait le choix de retourner au travail 5 semaines après la naissance de Benjamin. J’ai aménagé mon horaire pour pouvoir passer le plus de temps possible avec notre garçon malgré le travail.

 

Comment avez-vous pris la décision concernant le congé de maternité et parental?

Avant l’arrivée de Benjamin, j’ai eu une autre grossesse. À 23 semaines de grossesse, on a découvert que le bébé avait une anomalie chromosomique qui n’avait pas été détectée lors du test de trisomie 21.  J’ai dû accoucher, nous n’avions pas le choix, le bébé ne pouvait survivre à cette condition. Lors de cette grossesse, je prévoyais arrêter deux semaines. Suite à cette expérience, j’ai réalisé qu’un congé de 5 semaines était le minimum pour me remettre d’un accouchement.

David est chef exécutif pour un hôtel. Il n’a pas la flexibilité de prendre les congés qu’il veut. C’est un métier exigent au niveau des horaires.

 

Qui s’occupe de Benjamin lorsque vous travaillez?

Mes parents sont à Saint-Eustache. Ils habitent près de mon salon, ce qui est parfait s’il y a quoi que ce soit. Ma mère m’avait proposé de s’occuper de Benjamin pour les 3 premiers mois de mon retour au travail, puis elle m’a proposé 6 mois et finalement 1 an! Les premières semaines, elle venait me visiter au salon avec Benjamin pour faciliter la transition. Comme je fais deux journées de 12 heures collées, je dors chez eux pendant la période d’hiver. Ça m’évite de faire la route.

 

Avez-vous perçu du jugement de la part de votre entourage face à votre choix d’écourter le congé parental?

Les membres de ma famille ne nous jugent pas, mais ils trouvent dommage qu’on ne puisse pas passer la première année avec bébé comme c’est souvent la norme.

Du côté professionnel, je crois que bien des gens ne croyaient pas que j’allais être de retour au travail après 5 semaines, alors j’ai perdu des clients. Ils commencent seulement à revenir, voyant que je suis disponible. Par contre, j’ai beaucoup diminué mes heures de travail alors ils doivent s’adapter à cela.

 

Est-ce que vous vous sentez coupable de ne pas prendre le congé complet?

En fait, je me suis sentie coupable face à certains amis. Au départ, je n’ai pas mis mes limites assez rapidement et j’acceptais des invitations que je devais annuler parce que l’énergie n’y était pas.  Ce n’est pas tout le monde qui comprenait qu’avec le retour au travail, je devais conserver mon énergie pour bébé. Juste avant les fêtes, j’ai comme explosé…c’était trop. J’ai décidé que pour au moins un ça serait plus relax…ensuite on verra.  Je souhaite passer mes moments libres avec Benjamin. Nous avons engagé une femme de ménage pour que je puisse me libérer le plus possible.

 

Qu’est-ce qui représente un défi pour votre famille?

Jusqu’à 3 mois, Benjamin était plutôt facile, il dormait bien. Ensuite, il a commencé à être plus grincheux et à faire des crises la nuit, on dirait qu’il a mal, il se crispe. On est en train d’investiguer avec les médecins pour savoir si c’est une intolérance ou allergie. On a pensé au début que c’était des coliques, puis on nous a dit que Benjamin était peut-être un BABI… Bref, on a un rendez-vous à l’hôpital Sainte-Justine pour passer des tests.

L’autre défi que nous rencontrons, c’est le fait que nous avons David et moi des horaires atypiques. Ça complique les choses pour la garderie. Nous pensons à trouver quelqu’un qui pourra s’en occuper à la maison.

 

Quelles sont les activités que vous aimez faire avec bébé?

Nous allons beaucoup nous promener dehors. Nous allons dans le bois près de la maison ou sur la piste cyclable. J’ai un bon porte-bébé, ça nous sauve la vie! Nous amenons Benjamin partout avec nous. Mes amis savent que si je suis invitée quelque part, je viens avec bébé. Je l’ai amené à un mariage dernièrement. Il était dans le porte-bébé et avait des protège-oreilles pour le bruit.

Nous sommes aussi allés en voyage dans le sud. Nous avons profité de ce moment pour passer du temps ensemble tous les trois.

Il y a certaines activités qui m’intéressent, mais avec mon horaire, ce n’est pas toujours possible.

 

 

Y a-t-il des services qui vous facilitent votre vie depuis l’arrivée de bébé?

Nous avons été deux fois à la clinique d’urgence pédiatrique pour rencontrer un pédiatre pour Benjamin. C’est un service très apprécié. Nous sommes aussi très contents d’avoir décidé d’engager une femme de ménage, ça nous permet de passer plus de temps avec Benjamin.

 

Quel conseil donneriez-vous à une famille qui planifie un retour rapide au travail?

Ne pas avoir peur de dire non et d’établir ses limites. Ne pas écouter les conseils qui ne nous conviennent pas. Par exemple de faire le 5-10-15 avec bébé… si vous ne le sentez pas, fiez-vous à votre instinct plutôt qu’aux conseils. Il est aussi important d’être bien entouré, autant de gens pour s’occuper de bébé que de gens compréhensifs.

Je leur dirais aussi de ne pas avoir peur de faire autrement que « la norme ». Ça ne fait pas de nous de mauvais parents et nous n’aimons pas moins notre enfant pour autant. J’aurais préféré pouvoir passer au moins trois mois avec Benjamin, mais retourner rapidement au travail, ce n’est pas si épouvantable que ça peut avoir l’air. Je dirais même que ça m’aide à avoir une forme d’équilibre. Je comble mon besoin de voir des gens lorsque je suis au travail et je suis 100% présente pour notre fils lorsque je suis à la maison.

 

Pour en savoir plus:

La conciliation travail-famille

Maman pour la vie

 

Je t’aime bébé, mais je retourne travailler

Blogue Naître et Grandir

 

Maternité: préparer son retour au travail

Canal vie