Entrevue avec Nathalie, Alain et leur fille Léa de Val-David

 

Qui sont les membres de votre famille?

Alain : Notre famille est composée de Nathalie, Léa qui a maintenant 4 ans et moi. Je suis également le papa d’une très grande fille de 31 ans prénommée Sarah.

 

À quel endroit habitez-vous?

Nathalie : Nous habitons Val-David depuis plus d’un an et demi. Nous nous sommes installés dans la région en novembre 2016. Ma mère habitait déjà à Sainte-Adèle et nous étions venus passer du temps ici lors de la maladie de mon beau-papa. Nous avions alors beaucoup aimé ce coin des Laurentides.

Alain : Avec la naissance de Léa, notre mode de vie et notre travail étaient devenus trop prenants. Nous avons donc décidé de nous réorienter/de nous déplacer. Val-David était alors une belle option. Je voulais aussi que Léa puisse être scolarisée dans une école francophone. Il faut dire qu’elle parle aussi bien l’anglais que le français.

 

Êtes-vous originaires de la région?

Alain : Non, pas du tout. Avant de nous installer dans les Laurentides, nous vivions dans le nord de l’Ontario. Nous étions propriétaires d’une auberge. Ma famille (il vient d’une famille de six enfants) et ma grande fille sont d’ailleurs toujours en Ontario.

Nathalie : Je suis née au Québec, mais j’ai déménagé en Ontario avec ma famille quand j’étais petite. Mes grands-parents sont arrivés au Québec en tant que réfugiés hongrois dans les années 1950. Ils auraient pu choisir n’importe quel pays, mais ont choisi le Canada. Mon grand-père aimait la ressemblance entre son nom (Gara) et les fameuses chutes Niagara! Après avoir pris le train d’Halifax à Montréal (plus de 1300 km), il n’était pas question pour ma grand-mère de poursuivre la route davantage. Ils se sont donc arrêtés et installés à Montréal. Plus tard, ils ont acquis un chalet au Lac Paquin et les étés étaient alors l’occasion de venir dans le nord. J’ai moi-même eu l’occasion de venir quand j’étais petite.

 

Avez-vous un réseau pour vous donner un coup de main avec Léa?

 Nathalie : Depuis que nous sommes ici, notre réseau d’entraide se compose de ma mère et d’amis. Quand on a eu des problèmes de garderie (fermetures imprévues) on a pu compter sur une famille qui s’est occupée de Léa pendant qu’on travaillait. En échange, comme ils n’ont pas de voiture, on les aidait à se déplacer quand ils en avaient besoin.

 

Qu’est-ce qui représente un défi pour votre famille?

Alain et Nathalie : Trouver une garderie!

Alain : Depuis que nous sommes ici, deux garderies que fréquentait Léa ont dû fermer. Puisqu’on travaille, on doit absolument trouver quelqu’un pour prendre soin de notre fille. Pour cet été, nous avons une place au CPE l’Antre-Temps de Sainte-Agathe-des-Monts. On croise les doigts pour que ce soit également possible en septembre. Léa aime beaucoup son milieu de garde.

Nathalie : Débuter la garderie a été difficile, surtout pour moi. C’était une séparation. La première fois qu’elle y est allée, elle avait deux ans et demi et nous avions toujours été ensemble auparavant.

Alain : Un autre défi pour nous est la bureaucratie du Québec. C’est beaucoup plus compliqué qu’en Ontario (par exemple, les formulaires pour le versement anticipé des frais de garde). S’habituer au fonctionnement et tout comprendre prend un certain temps.

Nathalie : En Ontario, les frais de garde ne sont pas remboursés par le gouvernement et il n’existe pas de garderies subventionnées. Ça coûte donc beaucoup plus cher aux familles dont les deux parents travaillent. Pour cette raison, beaucoup de mamans restent à la maison avec leurs enfants jusqu’à leur entrée à l’école.

 

Qu’est-ce qui aide à garder une bonne relation?

Nathalie : Passer du temps tous ensemble en famille, mais également trouver des moments de couple. Que ce soit tout simplement une heure en journée avant d’aller chercher Léa à la garderie ou une soirée entière, lorsque grand-maman peut garder. Elle a passé l’hiver en Floride, on avait hâte qu’elle revienne!

Alain : Lorsqu’on travaillait à l’Auberge, on y était ensemble sept jours sur sept et 24 heures par jour pendant certaines périodes. C’était comme ça lorsque Léa est née. C’était très intense. Depuis qu’on est ici, on a choisi de séparer certaines choses. La boutique de jouets et de jeux est mon entreprise. Bien sûr, Nathalie me donne un coup de main et Léa aussi!

Nathalie : De mon côté, je travaille en environnement et enseigne le yoga sur chaise depuis plusieurs années. C’est important de trouver un équilibre.

 

Qu’est-ce qui a le plus changé depuis l’arrivée de votre fille?

Nathalie : On fait beaucoup moins de voyages depuis la naissance de Léa! Avec l’auberge, c’était plus facile parce qu’on pouvait se permettre de partir ensemble à certains moments de l’année. Maintenant, ce n’est pas le cas. Je suis quand même allée à Budapest,  Londres et Manchester avec Léa pendant deux semaines. Tout s’est bien passé pendant le voyage, mais j’étais quand même très nerveuse avant le départ.

Alain : Nous sommes aussi allés dans le sud dans un tout inclus. On n’avait jamais fait ça avant, on a plutôt l’habitude de faire des voyages avec notre sac à dos.

 

Quelles sont les activités que vous aimez faire avec Léa?

Nathalie : Léa aime beaucoup aller jouer au parc de la Place Lagny à Sainte-Agathe-des-Monts. Nous allons aussi marcher au parc Dufresne de Val-David.

Alain : On fait du kayak sur le lac Doré. Quand on vivait à l’auberge, on était sur une île du lac Huron. Pour Nathalie, la proximité de l’eau était un aspect non négociable dans notre installation à Val-David. On a donc fait en sorte d’y avoir accès.

Nathalie : Avec Léa, on a suivi des cours de piscine à Sainte-Agathe et aussi avec Karen Sampson à Mont-Tremblant. Cet été, on a installé une girafe pour le vélo, car Léa est assez grande. On avait hâte de le faire!

Alain : Pendant l’hiver, Léa a suivi des cours de ski à Belle Neige. L’hiver prochain j’en prendrai peut-être aussi!

 

Avez-vous un coup de cœur, conseil ou astuce à partager aux autres familles?

Alain : Quand on est arrivé dans la région, on a énormément apprécié l’aide de Josée Dufresne de la MRC des Laurentides (agente d’accueil, d’intégration et de rétention). Elle accueille les nouveaux arrivants en leur présentant le territoire et les services.

Nathalie : Ce fut aussi l’occasion de rencontrer des gens qui vivaient la même chose que nous. On a créé des liens avec certaines personnes que l’on voit encore aujourd’hui. J’ai aussi fréquenté la Maison de la famille des Pays-d’en-Haut en utilisant la halte-répit ou en participant aux causeries.

Pour ce qui est de Léa, elle participe  aux ateliers de cirque de l’École de cirque VireVolte.

 

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