Dans le cadre de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel,  nous vous présentons le portrait d’une famille de Mont-Tremblant, dont les deux enfants ont été nourris de lait maternel sur une période prolongée.   Si les bienfaits d’allaiter son enfant au-delà de 18 mois ont déjà été prouvés, les clichés, eux, persistent encore aujourd’hui.

 

« Le bébé humain se nourrit de lait maternel depuis la nuit des temps.  Il est prouvé que c’est encore de nos jours la nourriture la mieux adaptée à ses besoins.  En plus de favoriser le développement cognitif, il protège contre la pneumonie et la diarrhée », lance d’entrée de jeu Marie-Ève Laberge, maman d’Ariane, âgée de 3 ans et demi, et de Maelle qui aura bientôt 13 mois.

 

Allaitée jusqu’à l’âge de 2 ans et demi, Ariane a arrêté de téter par elle-même, du jour au lendemain, la journée de la naissance de Maelle.  « Elle a laissé la place à sa sœur, naturellement et en toute générosité, sans jamais redemander le sein », explique la maman qui en avait déjà glissé mot à sa fille.

 

Aujourd’hui âgée d’un peu plus d’un an, Maelle est allaitée au petit matin, au retour de la garderie et après le bain, juste avant l’histoire et le dodo.  « C’est un moment privilégié d’affection, explique Marie-Ève. Quand l’enfant naît, de part et d’autre, le plaisir et le besoin sont forts. Dès le départ, ça s’est bien passé pour nous ».

 

Marie-Ève a toujours été supportée par son conjoint Alexandre, ambulancier-paramédic, qui n’a jamais jugé son choix d’allaiter de façon prolongée et qui l’a toujours respectée.  « On se supporte l’un et l’autre.  Lui aussi se lève la nuit ! », ajoute l’éducatrice en CPE.

 

Mettre toutes les chances de son côté

« Pour mettre toutes les chances de mon côté, j’ai fait la demande pour les services d’une marraine d’allaitement avec Nourri-Source Laurentides », informe Marie-Ève qui a surtout apprécié pouvoir compter sur quelqu’un en cas de besoin ou d’incertitude.

 

« Lorsqu’Ariane a eu six mois, l’infirmière du CLSC m’a proposée de devenir marraine d’allaitement », ce qui fut fait.  Soutien téléphonique avec les nouvelles mamans.  Encouragements et support émotionnel pour poursuivre l’allaitement dans les moments difficiles.  Des références, si nécessaires.  « En aidant d’autres mamans, j’ai rencontré une grande variété de défis auxquels je n’avais pas eu à faire face.  J’ai beaucoup enrichi mes connaissances », soutient la marraine d’allaitement.

 

Le jugement et le regard des autres

Allaiter son enfant après l’âge de deux ans peut être un sujet délicat et jugé par les autres. À la question, as-tu déjà senti le jugement et les regards, Marie-Ève avoue qu’elle l’a vécu auprès de sa famille.  « J’ai toujours été une personne assez déterminée.  Les regards ne me dérangeaient pas », répond-elle.

 

Quand elle rencontre des gens qui ne comprennent pas les bienfaits de l’allaitement prolongé, elle prend le temps de leur expliquer : « Il n’y a rien d’infantilisant à nourrir de lait maternel son enfant de deux ans.  Les propriétés nutritionnelles immunisent contre les microbes.  Aussi, en allaitant, la mère réduit ses chances d’avoir le cancer du sein », explique-t-elle avant d’ajouter : « Au-delà de tout ça, allaiter, c’est ma façon à moi de transmettre une part de mon affection à mes filles.  Pour d’autres mamans, cette affection est transmise autrement.  Tout simplement ».

 

Le meilleur feeling qui existe

Avec le style de vie actif d’Alexandre et de Marie-Ève, la simplicité de l’allaitement leur a rendu la vie plus facile.  « Nous sommes souvent partis.  On bouge beaucoup : vélo, natation, canot-camping, ski.  Surtout la nuit, c’est tellement pratique d’avoir le « garde-manger » à proximité, avec du lait chaud et prêt à être consommé », ricane la maman.

 

Pour ce qui est du travail, Marie-Ève est choyée, car Ariane et Maelle fréquentent le CPE des Rires là où elle travaille.  C’est différent pour Alexandre, qui est ambulancier.  « Durant la période que j’allaitais la nuit, il est parfois arrivé qu’il doive faire chambre à part pour pouvoir dormir toute la nuit », confie Marie-Ève qui qualifie son conjoint de très compréhensif. Elle ajoute que chaque semaine, le couple chérit un ou deux soirs par semaine pour passer du temps de qualité ensemble : « On choisit de faire l’amour, d’écouter un film ou simplement de jaser au lit ».

 

Pour Marie-Ève, il n’y a rien de comparable et de plus valorisant que de sentir le lait arriver dans ses seins.  Selon elle, c’est le meilleur feeling qui existe. « De nourrir son enfant en l’allaitant, c’est se donner le pouvoir d’être une femme à part entière », conclut Marie-Ève Laberge, maman, éducatrice et marraine d’allaitement.