« La télé, ça prend tellement de temps ! Et les annonces, c’est devenu gênant. On préfère écouter les hiboux !  On check les herbes et les cailloux.  On se promène en vélo », répond Simon Meloche, à cette question : pourquoi avez-vous décidé de vivre sans télé ? 

 

« Avez-vous déjà observé la différence entre un enfant qui regarde la télé et un bambin qui observe les papillons virevolter ? », relance Simon avant d’ancrer son propos : « Marilyne et moi, on pense que les écrans, ça endort ».

 

Un mode de vie qui sort de l’ordinaire

Simon et Marilyne se sont rencontrés dans les Laurentides.  Depuis, ils ont choisi de se bâtir une chaleureuse maison de chanvre, à la croisée de Mont-Tremblant-La Conception-Brébeuf.  Ils y opèrent les activités de La Cabane à Tuque.  Vous connaissez ?

 

Simon est Montréalais.  C’est son ami qui se partait une ferme, il y a 12 ans, qui l’a amené dans la région. Marilyne, elle, vient de Québec.  Ses études en herboristerie lui ont fait découvrir les Laurentides qu’elle a vite adoptés.

 

Pour Simon et Marilyne, c’est un choix personnel de vivre sans télévision : « Notre recette n’est pas celle de tout le monde.  On est sans jugement : chacun vit à sa manière ».

 

Il explique que son enfant, la petite Salomée, vit de près avec la nature.  Déjà, à 22 mois, elle demande pour aller cueillir des dermatoses – les fameux champignons homards –  et des chanterelles.  « Étrangement, certaines personnes sont inquiètes pour Salomée, parce qu’on n’a pas de télé », souligne Simon, qui précise qu’il y a des gens qui pensent que les enfants sans télé peuvent devenir des désadaptés sociaux !

 

Simon se dit chanceux d’être un travailleur autonome et un papa à la maison : « Par mes occupations au jardin et dans la cuisine, Salomée est toujours stimulée ». Marilyne travaille à la Clef des Champs située à Val-David, sauf durant les trois mois du Temps des sucres, où elle met la main à la pâte pour recevoir 35 convives à tous les jours.  Et, pour le bonheur de tous, la famille s’élargira aux alentours de Noël et du Jour de l’An, avec la venue d’un petit frère ou d’une petite sœur pour Salomée.

 

Simon, le fan de zombies

Si Simon vit sans télé aujourd’hui, c’est peut-être fondé sur ses expériences d’ancien gamer. « J’ai déjà été un accro, drogué de l’écran », partage le fan de zombies.  Il raconte que dans les années 90, le programme du gouvernement provincial « Brancher les familles » donnait 500$ à chaque famille qui s’achetait un ordinateur.  « Je suis tombé dedans solide », explique Simon, qui a par la suite développé des troubles d’angoisse et d’agoraphobie.

 

C’est la mère de Simon qui a persévéré à l’encourager à changer ses habitudes.  À 17 ans, il décide de partir en vélo au Nouveau-Brunswick.  « C’est là que je me suis rendu compte qu’il a plein de choses à faire dehors ! J’ai rencontré d’autres gens qui voyageaient, on discutait de sujets intéressants. J’ai réalisé que j’avais été endormi par l’écran durant cette période de ma vie », témoigne Simon, qui a rattrapé le temps perdu en devenant par la suite un Ultra marathonien, Ironman et Spartan Racer, mieux connu comme le-gars-du-Québec-qui-fait-des-Ultras-avec-des-dreads.

 

« Je suis un homme plutôt drastique.  Pas très bon à donner des conseils.  Qu’est-ce que je dirais à une famille qui souhaite se débarrasser de sa télé ?   Je leur dirais : fais-le !  Débranche ton Bell.  Apporte ta télé à La Samaritaine à Mont-Tremblant.  Tes enfants vont te remercier plus tard », conclut Simon Meloche qui invite les familles à bâtir des projets, explorer les bois, regarder les étoiles, jouer à des jeux de société entre amis et surtout, à prendre le temps d’être contemplatif.