À l’âge de 44 ans, un chapitre complet de la vie familiale de Mélanie Rhéaume s’est transformé en claquant des doigts. “Malgré tout le contexte, c’était le moment parfait pour moi d’avoir un enfant”, affirme la maman de Gédéon qui a aujourd’hui 13 mois.

 

On ne sait jamais de quoi est fait demain

 

Jusqu’au début de la trentaine, Mélanie Rhéaume était envahie d’une peur irraisonnée de l’accouchement.  “J’aimais beaucoup les enfants, mais je n’en voulais pas”, affirme-t-elle.  C’est un kyste bénin sur un ovaire qui l’a fait changer d’idée : “Soudainement, je me suis remise en question”, souligne Mélanie, dont la peur d’accoucher devenait moindre que le désir de donner naissance.

 

À 35 ans, c’est le déchirement.  Elle vit une grande peine d’amour avec l’homme qu’elle croyait pouvoir fonder une famille.  Durant la même période, son père est décédé.  “Tout le processus de vouloir des enfants a été accompagné de grandes pertes”, raconte-t-elle.

 

C’est en 2013 qu’elle rencontre son conjoint Hugo, le papa de Gédéon.  Malgré le temps qui filait à vive allure, Mélanie spécifie : “On ne fait pas un enfant en claquant des doigts ! On s’est quand même fréquentés une couple d’années avant de se décider.  À notre âge avancé, on ne savait pas si on était physiquement capables de faire un enfant ! ”, explique l’agathoise.

 

Sont ensuite passés 18 mois. Par un beau jour, l’instinct la surprend. Elle monte à l’étage.  “Je me vois encore avec le test à la main.  Le petit signe plus …, j’étais en état de choc”, se rappelle Mélanie qui a tout de suite appelé Hugo pour qu’il vienne la rejoindre, sachant qu’il voulait un enfant encore plus qu’elle !

 

Le deuxième test l’a une fois de plus confirmé : ils allaient être parents !

 

Cette grande joie a toutefois été vécue avec son lot de peines. “Quelques jours avant de savoir que j’étais enceinte, ma mère – auprès de qui j’étais très proche – est décédée.  Deux semaines après, mon grand-père s’est éteint.  Ma grand-mère l’a suivi deux mois plus tard”, précise la femme, aujourd’hui sereine.

 

La grossesse après 40 ans

 

“Mes amis étaient vraiment heureux pour moi.  Mes deux soeurs et les deux frères d’Hugo l’ont très bien accepté.  Toutefois, ma tante m’a avoué avoir été très inquiète à cause de mon âge”, souligne Mélanie.

 

Elle explique que pour sa part, elle se sentait zen et qu’il y a plusieurs avantages à avoir un enfant à 44 ans. Notamment, les couples sont généralement plus stables vers cet âge, en plus de jouir d’un statut socioéconomique plus élevé. Aussi, sachant qu’elle n’avait jamais fumé ou consommé de drogues et qu’elle se considérait en très bonne forme physique, il n’y avait pas raison de s’inquiéter, selon elle.   “J’ai quand même vécu une fatigue extrême tout au long des neuf mois”, précise-t-elle, ajoutant qu’aucun problème grave n’a été signalé durant la grossesse.

 

Selon la maman, la pression était très forte au niveau des tests et des suivis médicaux, puisque, en plus de son âge, c’était aussi une première grossesse. Pour le dépistage prénatal de la trisomie 21 , qu’on recommande systématiquement cet examen aux femmes de 38 ans ou plus, puisque le risque pour le foetus augmente avec l’âge de la mère, Mélanie explique: “Après y avoir longuement réfléchi et pour plusieurs raisons, je ne l’ai pas fait”.

 

“Deux-trois semaines avant l’accouchement, le liquide était trop bas et ça pouvait comporter des risques si ça continuait de descendre. On m’a donc programmé un accouchement par césarienne”, se rappelle Mélanie, qui s’était préparée à accoucher pendant 15 ans.

 

Le plus beau cadeau d’une vie

 

Tous les deux s’accordent pour dire qu’ils ont apprécié être accompagnés par une Doula . Selon Mélanie, la présence de l’accompagnante à la naissance lui a donné confiance en ses capacités et son écoute s’est révélée être très appréciée d’Hugo.

 

Le petit Gédéon est arrivé au monde en super forme, selon sa maman.  Il pesait 5 livres et 14 onzes.  “C’est un enfant hyper sociable, qui ne pleure pas beaucoup.  L’énergie qui l’entoure est très spéciale.  On est confiant que tout ira bien pour lui”, affirme Mélanie.

 

Hugo a pu rester à la maison deux mois après l’accouchement. Aujourd’hui, Gédéon fréquente le CPE L’Antre-Temps à Ste-Agathe, tandis que Mélanie travaille de la maison.  Elle l’allaite toujours, coupant graduellement les tétés de nuit. “Je me rends compte qu’on ne peut pas comprendre l’intensité de la vie avec un enfant, tant qu’on ne le vit pas.  Il faut trouver un équilibre et je peux confirmer qu’on s’en va du bon bord!”, lance-t-elle.

 

Et si c’était à refaire ?  “À 200% !  Je le referais n’importe quand et sans aucune hésitation ! C’était vraiment LE bon moment, même si je l’ai attendu tellement longtemps !”, conclut Mélanie, une maman qui regarde son fils comme le plus cadeau d’une vie.

 

 

Texte: Anny Champoux

Crédit photo : Éric Gagnon