La pression sociale associée au choix d’avoir un seul enfant peut être lourde pour les parents.  « Des commentaires et questions me surprennent encore parfois.  Avec un seul enfant, il faut souvent que tu te justifies.  Quand tu en as au moins deux, tu ne te fais plus poser ces questions », lance d’entrée de jeu Sophie Plourde, la maman de Léo, son enfant unique âgé de quatre ans.  

 

Pourtant, selon Sophie, peu importe le nombre d’enfants au sein d’une famille, chaque situation pose un défi spécifique. « Une famille de trois enfants doit porter une attention particulière à l’enfant sandwich, du milieu.  Avec deux enfants, il faut s’assurer d’être égal avec chacun d’eux», donne-t-elle en exemples.

 

Selon la tremblantoise, peu importe le nombre d’enfants, à partir du moment que la famille se sent bien et qu’elle est heureuse, c’est ce qui compte.

 

On savait qu’on n’en n’aurait pas six !

 

Ergothérapeute spécialisée pour les enfants (Option Enfance), Sophie a grandi en Gaspésie, à Saint-Moise plus exactement.  Au cours de sa carrière, elle a été amenée à travailler dans le Grand Nord québécois pendant neuf ans.  À l’âge de 34 ans – pas de chum, pas d’enfant – elle décide de s’acheter un condo à Mont-Tremblant.  « C’est mon agente immobilière qui m’a présenté Fred ! », raconte Sophie.

 

Elle enchaîne l’histoire en mentionnant que Frédéric, originaire de la France, avait alors 38 ans et qu’à leur âge, la question d’avoir des enfants est arrivée rapidement au cœur des discussions du couple.  « Marraine de trois enfants, je pense qu’on voyait en moi le potentiel d’être une bonne mère et je me savais un minimum adéquate », ricane-t-elle.   De son côté, avant de rencontrer Sophie, Frédéric avait fait le deuil d’avoir des enfants.

 

Est-ce que le choix d’avoir un enfant a été difficile ?  « Non. Pas du tout ! Mais on savait qu’à notre âge, on n’en n’aurait pas six ! », répond-t-elle, en précisant : « Un autre couple, dans la même situation que la nôtre, pourrait potentiellement avoir une grande famille s’il le voulait vraiment.  Mais pour nous, avec le rythme de vie que l’on aime, on savait qu’on voulait un seul enfant ».

 

Enfant unique, enfant gâté ?

 

Tous les matins, à 5h30, Léo est réveillé.  « On voit nos journées ! J’ai même le temps de faire une brassée de lavage avant d’aller travailler ! », précise la maman, d’une voix remplie d’humour.  Léo fréquente quotidiennement le CPE Les Petits Manitous de Mont-Tremblant.  Il aime jouer dehors, faire du ski et accueillir ses amis chez lui.  « Il aime la vie », ajoute simplement Sophie.

 

Selon elle, dans une famille composée de deux adultes et un enfant, on doit porter une attention particulière sur les habiletés de partage et s’assurer que l’enfant bénéficie d’opportunités d’interactions.  « Les enfants apprennent beaucoup des autres enfants, souligne-t-elle.  La vie de groupe que Léo a la chance de vivre en fréquentant le CPE est un bel atout pour son développement ».

 

Sophie rappelle que souvent, les gens s’imagine qu’enfant unique est synonyme automatiquement d’enfant gâté. « Les enfants, qu’ils soient enfants uniques ou non, sont tous différents.  Si on observe le moindrement autour de nous, des enfants-rois, on les trouve aussi dans des familles plus nombreuses. », justifie-t-elle.

 

Malgré l’éloignement physique avec la Gaspésie et la France, les liens avec la fratrie sont importants pour la famille de Léo.  Toute sa vie, Sophie a eu une belle complicité avec sa sœur cadette.  Frédéric, lui, a une sœur dont la différence d’âge a fait en sorte qu’ils ont été moins proches durant l’enfance.  Toutefois, les liens sociaux avec la communauté sont d’autant plus importants.  « On mise sur le fameux village et les amis », souligne la maman. Les sorties au parc, les activités extérieures et des sorties partagées avec d’autres familles sont régulières.

 

« Je ne dis jamais que j’ai juste un enfant. Je trouve ça péjoratif. On adore être parents! Je préfère affirmer qu’on est une famille avec un enfant heureux », conclut Sophie, qui envisage avec joie d’accueillir tous les amis de Léo.

 


Texte de Anny Champoux