Malgré une première expérience éprouvante, Geneviève Béland a réitéré le choix d’être accompagnée par une doula pour son deuxième accouchement. « Ce que représente la doula pour moi ? », se questionne à voix haute la maman de deux jeunes garçons, avant de répondre : « C’est la personne qui protège l’intimité d’une naissance et qui est la gardienne de l’espace de ce processus sacré ». 

 

Geneviève et Benoît sont un couple d’entrepreneurs.  Elle, est coach personnelle et familiale spécialisée en médecine alternative depuis 21 ans.  Lui, s’investi comme entrepreneur en aménagement paysager.   Le couple vit à Mont-Tremblant avec leurs deux enfants : le cadet, Étienne, a deux ans et demi et Jérôme est de deux ans son aîné.  Ils sont une famille heureuse, active et en santé.

 

Former une équipe

 

Le fait que Jérôme et Étienne soient nés durant l’été peut sembler anodin.  Néanmoins, les naissances prévues à cette période de l’année ont fait en sorte qu’il était clair pour Geneviève qu’elle allait avoir recours aux services d’une doula.  « Sachant que c’est le temps le plus occupé de l’année au travail pour Benoît, j’avais besoin de m’assurer que j’allais avoir une ressource disponible pour m’aider lors de l’accouchement », explique-t-elle avant de renchérir : « On ne sait jamais comment ça va se passer et la doula est là pour faire équipe avec nous. Elle sait créer un espace d’amour pour apprivoiser la douleur et l’intensité du moment ».

 

Geneviève explique qu’avant l’accouchement, les futurs parents rencontrent la doula pour préparer le plan de naissance.  « C’est durant cette réunion que l’on planifie comment on souhaite que ça se passe.  Est-ce que l’on veut de la musique ?  Des visites ?  Aurons-nous recours à la médication, au besoin ?  Et l’importance qu’on accorde peau à peau après la naissance. », explique la Tremblantoise.  Imaginez, même le moment de la coupure du cordon ombilical fait partie de la discussion!

 

Et la place du papa dans tout ça ? Benoît a suivi les cours prénataux et des sessions d’haptonomie.  « Par l’haptonomie, Benoît entrait en relation avec le bébé. Même là, t’as beau avoir suivi tous les cours, dans l’énervement du moment, on oublie.  C’est aussi pour ça que la doula est là, pour guider le père pour qu’il puisse avoir le plein sentiment de bien jouer son rôle ».

 

De plus, Geneviève avait fait le choix d’être suivie par un médecin tout au long de sa grossesse.  « C’est plus simple ainsi », précise-t-elle, racontant que lors de l’accouchement, le médecin devient un observateur, respectant le rythme orchestré par la doula.  « Il y a une bulle qui se crée et la doula sait où tu es rendue.  C’est elle qui suggère les étirements et propose différentes postures pour assurer le confort durant les contractions. Elle s’assure que les éléments du plan, élaboré au préalable, sont respectés ».

 

Tenter l’AVAC

 

Lors de son premier accouchement, après plusieurs heures de contractions, l’accompagnante en est venue à mentionner à Geneviève que l’équipe médicale devait prendre la relève pour effectuer une césarienne d’urgence.  Geneviève s’est retrouvée attachée à une civière, dans une salle d’opération.  « Personne ne me parlait.  Je les entendais discuter de la pluie et du beau temps entre-eux. C’était tellement impersonnel ! J’avais tellement de peine que j’ai même demandé à l’anesthésiste de mettre sa main sur mon épaule pour me réconforter ».

 

Pour son deuxième accouchement, elle souhaitait avoir un accouchement vaginal après césarienne (AVAC).  Sachant que cette procédure comporte certains risques, elle a mis toutes les chances de son côté en communiquant avec le Centre Pleine Lune, reconnu pour son expertise. « Avec les doulas Amélie Blanchette et Isabelle Chalut à mes côtés, ça ne pouvait que bien aller ! », partage la maman qui a réussi à donner naissance à son garçon complètement naturellement.

 

Il faut toutefois savoir qu’à ce jour, l’accompagnement à la naissance n’est pas couvert par la RAMQ.   Il en coûte environ 800$ pour ce service d’aide durant l’accouchement, qui inclut deux rencontres de planification avant et une de suivi, après.

 

« Pour moi, cette force et cet amour que les doulas m’ont procuré par leurs paroles réconfortantes aux bons moments, n’avaient pas de prix. Elles ont été nos guides à Benoît et moi ainsi que ma force et mon espoir quand je n’en n’avais plus. Elles ont su ramener le sacré dans ce précieux moment. », conclut Geneviève Béland, qui tient à aviser qu’il est primordial de sentir une connexion naturelle avec sa doula avant de la choisir.

 


Texte de Anny Champoux