Debbie et Matthew se sont rencontrés pour la première fois quand ils avaient huit ans.  Une amitié sincère s’est alors établie entre eux à l’époque où ils grandissaient dans le secteur Cartierville, à Montréal.  Leurs chemins se sont recroisés sept ans plus tard, alors qu’ils étaient âgés de 15 ans.  « On s’est retrouvé à la même école secondaire, dans la même classe », raconte Matthew.  « Ce fut un coup de foudre extraordinaire », se rappelle-t-il, malgré le fait qu’ils se soient séparés un an plus tard.

 

À l’âge de 32 ans, ils sont devenus amis sur Facebook.  « Cette fois, notre première rencontre a duré quatre jours et on ne s’est jamais séparés depuis », continue Matthew. De leur amour est né Brandon qui a célébré son cinquième anniversaire la semaine dernière.

 

Avec le rythme accéléré de la vie et des gens stressés de la ville, le couple en a eu assez de vivre à Montréal.  Ils voulaient un meilleur milieu pour leur enfant. Ils ont choisi Ste-Agathe-des-Monts pour s’établir.  Depuis, leur vie a changé.

 

C’est grâce au camping

 

Debbie est atteinte darthrose.  « Ça a débuté dans mes genoux, il y a 10 ans. Au cours des cinq dernières années, ça s’est vite propagé partout : dans mes poignets, mon dos, mes épaules et mon cou », explique la Montréalaise d’origine, qui, depuis un an doit se déplacer en fauteuil roulant.  Son conjoint, Matthew, est atteint de troubles anxieux, qui ont un effet physique sur les tissus de son estomac. « Il m’arrive de ne pas pouvoir manger pendant plusieurs jours », explique l’aidant naturel.

 

En quittant la ville en janvier 2017, ils ont d’abord fait escale à Saint-Jérôme.  « On ne voyait pas de grandes différences avec la ville.  En plus, je devais monter 13 marches d’escalier avec mes béquilles pour me rendre à l’appartement », se souvient Debbie.  D’un commun accord, le couple était prêt à trouver un nouvel espace de vie.

 

En parallèle, la famille fréquentait depuis quatre ans le camping de Sainte-Agathe durant les saisons estivales.  « À cause de la progression de ma maladie, à l’été 2018, je savais très bien que ça allait être ma dernière saison de camping », explique Debbie, qui raconte qu’un beau jour, sur le chemin du retour, ils ont vu un appartement à louer sur la rue Saint-Venant. « On n’en revenait pas puisque c’était si près du camping et de la plage.  Ça nous semblait parfait ! », explique Debbie.

 

Ils ont appelé le propriétaire qui leur a mentionné qu’il allait installer une rampe pour faciliter les déplacements de Debbie.  Ils y sont déménagés en août 2018.  « Nous adorons la vie à Ste-Agathe-des-Monts.  La nature est omniprésente et les gens sont tellement gentils.  On se sent bien et de bonne humeur », témoigne la maman que l’on peut voir se promener en chaise roulante sur la rue Principale, accompagnée de Matthew et Brandon, qui eux roulent en vélo, été comme hiver.

 

Les services et la langue

 

Debbie est anglophone. « Je comprends bien le français mais des fois je cherche mes mots », spécifie-t-elle.  Pour sa part, la langue maternelle de Matthew est l’anglais et son père est francophone.  Il parle et comprend bien les deux langues.  Quant à lui, le jeune Brandon parle majoritairement en anglais et se débrouille bien en français.  « Jusqu’à maintenant la langue n’est pas un problème pour moi.  Les gens sont vraiment accommodants et patients.  Matthew est souvent avec moi et il m’aide pour traduire », témoigne Debbie.

 

C’est par pur hasard que la famille a découvert la nouvelle prématernelle quatre ans, offerte à la Sainte Agathe Academy.  « On s’y rendait pour inscrire Brandon à la maternelle pour l’an prochain, quand, à notre grande surprise, on nous a expliqué que Brandon pouvait dès cette année débuter l’école », explique la maman à temps plein, qui était heureuse de voir son fils socialiser avec des jeunes de son âge et se dégêner.  « Brandon adore son école ! », confirme Debbie.

 

Alors que Matthew et Debbie cherchaient un nouveau médecin pour Brandon, ils ont trouvé sur Facebook l’existence du Centre de pédiatrie sociale au cœur des Laurentides, qui propose une démarche clinique qui met en application la méthode APCA et permet d’outiller l’enfant et d’accompagner les personnes importantes qui l’entourent tout au long de sa trajectoire de vie. Il s’agit d’une démarche en mouvement qui s’opère autour des besoins de l’enfant. « Contrairement au pédiatre que nous avions à Montréal, l’équipe du Centre prend le temps qu’il faut avec nous. Elles nous considèrent avec respect et sont toujours serviables.  Elles font en sorte que nous soyons toujours confortables et à l’aise.  Brandon a toujours un sourire fendu jusqu’aux oreilles quand on y va », souligne Matthew.

 

Quant à Debbie, elle apprécie les services de l’ergothérapeute qui lui propose des stratégies pour l’aider à gérer son arthrose et à conserver ses capacités fonctionnelles au quotidien. Ce service est offert par le CLSC de Ste-Agathe-des-Monts.  Aussi, le Transport adapté et collectif des Laurentides lui permet d’être autonome au niveau de sa mobilité, lorsque c’est nécessaire.  « Et Matthew est toujours là pour m’aider », affirme-t-elle d’un ton profondément appréciatif.

 

La riche valeur de la compassion 

 

Étant aidant naturel à temps plein et ayant à composer avec ses propres défis médicaux, Matthew est en arrêt de travail.  Au-delà de ses responsabilités quotidiennes avec Debby et Brandon, Matthew prend à cœur de visiter régulièrement son fils de neuf ans, Danny, qui vit à Montréal.  C’est la mère de Matthew qui en a la garde, jusqu’à ce qu’il ait 18 ans.  « J’ai passé à-travers des moments difficiles dans ma vie et j’ai toujours gardé la tête haute », partage l’homme qui a déjà vécu sans domicile fixe pendant quatre mois, avant de passer un séjour en centre d’hébergement à faire du bénévolat à tous les jours, de 5h30 à 13h, avant de se rendre visiter son fils chez sa mère.  « J’ai toujours fait de mon mieux pour que tout le monde soit bien autour de moi », ajoute-t-il.

 

Matthew trouve important de partager cette valeur de compassion avec Brandon.  « Si tu ne montres pas par l’exemple à un enfant à être empathique, il ne l’apprendra jamais.  Ça me rend très fier de voir Brandon aller au-devant des gens pour les aider », affirme le papa.

 

L’histoire ne finit pas là !  Récemment, le propriétaire du logement où habitent Debbie, Matthew et Brandon a fait l’acquisition d’un nouveau bâtiment.  « Il nous a offert un beau grand 6 et demi pour que je puisse avoir l’espace pour ranger ma chaise roulante », explique Debbie.  Matthew ajoute que le propriétaire leur a aussi parlé du Programme Adaptation Domicile (PAD), qui permet d’obtenir du financement – une fois aux cinq ans – pour réaliser des travaux d’adaptation au domicile d’une personne handicapée.  Ce qui sera fait !

 

« On sait qu’on a pris la meilleure décision de toutes, que de déménager à Ste-Agathe-des-Monts.  La vie y est bonne et on est heureux ici ! », concluent Debbie et Matthew qui s’uniront par le mariage le 16 mai 2020. 

 

 

 

 

Texte: Anny Champoux

Photo: Dominic Bouffard