Toute sa vie, Clivia a eu peur d’avoir des enfants. Aujourd’hui, à l’âge de 29 ans, un an après être devenue la belle-maman de cinq enfants, elle a acquis le sentiment de confiance qui lui permet de souhaiter avoir un enfant.  « Le fait que Steeve est déjà un père exemplaire, je me sens en sécurité et l’amour règne dans notre maisonnée », explique la jeune femme de Labelle. 

 

Lorsqu’ils se sont rencontrés, Clivia venait de terminer une relation qui avait mal tournée.  Elle raconte qu’à cause de cela, elle devait vendre son cheval, puisque le seul endroit qu’elle aurait pu le garder était sur le terrain de son ancien beau-père.  « Les sabots de mon cheval devaient être trimés.  On m’a donc référée à un maréchal ferrant.  C’était Steeve».

 

Tous les deux passionnés de chevaux, ils ont gardé contact.  « Je ne savais pas trop son histoire. Il me parlait de sa fermette, de ses chevaux, et partageait qu’il était dans une procédure de divorce.  On s’écrivait régulièrement », relate la Labelloise, qui, graduellement, découvrait la belle personne qu’elle aimait de plus en plus en Steeve.

 

« Il m’a informée qu’il était le père de cinq enfants : Émilie (16 ans), Caleb (14 ans), Gustave (11 ans), Irène (9 ans) et Wilfrid (7 ans) », mentionne Clivia, qui, sur le coup, affirme que ce fut une surprise.  « Mais, le connaissant, ça ne m’a aucunement inquiétée », précise-t-elle.

 

Devenir belle-maman

 

La première rencontre avec les enfants s’est faite à la maison de Steeve, autour d’un souper.  « Je savais que les enfants étaient enthousiastes à l’idée de me rencontrer, car Steeve me parlait souvent d’eux et les intégrait dans les textes qu’il m’écrivait », raconte Clivia, continuant : « C’est sûr qu’avant d’arriver ce soir-là, je me sentais un peu timide et j’étais un peu stressée ».

 

Quand elle est entrée, tout le monde était excité.  Elle a eu droit à des câlins et s’est soudainement sentie soulagée, lorsqu’elle a vu Caleb, le plus vieux des garçons, qui donnait une approbation de la tête à son père.   La soirée s’est déroulée à merveille.

 

« Par la suite, je les visitais régulièrement, sans dormir à la maison. Ce n’est que trois mois plus tard que j’ai fait le grand saut : j’ai apporté mon stock et je suis allée habiter avec eux », lance la jeune belle-maman, qui a elle-même grandi dans une famille de cinq enfants.

 

« Disons que je connaissais déjà la dynamique !  Ça reste que ça change un mode de vie ! Les sept ensembles, on prend des cours d’équitation. Quand je dois aller à quelque part, j’amène les enfants avec moi. Je fais attention à ce que je peux discuter devant eux. J’essaie d’être attentive à leurs besoins et de participer à de bons moments avec eux.  Car, à mes yeux, dans tout ce qui se passe, il est primordial que les enfants se sentent bien. Je sais que j’étais prête à vivre ça, même si j’ai encore de la misère à me lever de bonne heure le matin et à améliorer mon talent en cuisine ! », ricane-t-elle.

 

Steeve lui a avoué qu’elle était comme un miracle dans sa vie et qu’il avait eu un coup de foudre à leur première rencontre, dans le pré.  Il faut savoir qu’en plus d’avoir la garde totale de ses cinq enfants, le travail de Steeve sur sa fermette lui demande de gérer plusieurs vaches et chevaux, on y ajoute les cochons et les poneys.  C’est la vie de fermier qui bat son plein ! De plus, il est un des seuls maréchaux ferrants de la région.  « Tout ça le tient bien occupé.  Par chance, nous sommes entourés de personnes aimantes et parfois certains villageois nous offrent leur aide à leur façon, précise Clivia qui s’est rapidement adaptée à sa nouvelle réalité.

 

Avoir la confiance de vouloir un enfant

 

Quand on aborde le sujet de la peur qu’elle avait d’avoir des enfants, Clivia s’exprime ouvertement. « J’avais peur de ne pas être assez préparée, ou de ne pas avoir toute les ressources nécessaires pour élever un enfant dans les meilleures conditions possibles. Puis dans ma vie, j’ai surtout été entourée de gens qui portaient beaucoup d’importance à l’image.  Au corps parfait, qui devient imparfait suite à une grossesse et un accouchement. Je pense que je n’avais jamais rencontré les bonnes personnes pour m’épauler dans mon cheminement personnel. J’avais peur de plein de choses et surtout de l’inconnu », se confie-t-elle.

 

Pas longtemps après qu’ils se soient rencontrés, Steeve a abordé le sujet avec Clivia. « C’est lui qui m’en a parlé en premier, me disant qu’il préférait le faire au début de notre relation.  Il m’a exprimé la beauté que c’est pour lui d’être un père.  Il m’a amené à voir ce qu’il y a de merveilleux.  Qu’il est bon de vivre cette aventure de la vie.  De mon côté, j’ai démontré mon ouverture à avoir un enfant avec lui, avec quand même une certaine inquiétude », témoigne-t-elle.

 

Même Irène, qui a 9 ans, a posé la question à Clivia : « Toi, aimerais-tu ça avoir des enfants ?  Parce que moi, j’aimerais bien ça avoir une petite sœur ».

 

Tout récemment, à la fête organisée pour souligner l’anniversaire de Clivia, un à un, les enfants sont venus s’asseoir sur ses genoux, ce qui l’a beaucoup touchée. « Comme la fois où je faisais de la peinture avec Wilfrid et Irène, et que Wil est venu de lui-même pour me dire merci d’avoir pris le temps de peinturer avec lui, et de me dire qu’il était content…  Alors là,  j’étais plus qu’émue ».

 

« Quand tu rencontres la bonne personne, ça change la vision des choses.  Aujourd’hui, dans notre chez-nous, avec Steeve et les enfants, je sais que c’est une bonne vie et je suis là où je dois être. Ils m’apprennent des choses chaque jour et c’est agréable. J’ai toujours dit que tout ceci est un petit clin d’œil de la vie, et maintenant, je me surprends moi-même à être impatiente de vivre ce moment avec mon bébé dans les bras », conclut Clivia Raby, à qui l’on souhaite que la cigogne passe par Labelle sous peu.

 


Texte: Anny Champoux

Photo: Dominic Bouffard