Quand on est une mère monoparentale de trois jeunes enfants, la quête d’un équilibre de vie au quotidien est possible, néanmoins très difficile à atteindre.  « Certains jours, il m’arrive de souffler un peu.  Même en étant en congé de maternité, mes journées sont débordées », confie Audrey, qui vit à Lac-Supérieur avec ses trois filles.  L’aînée, Alicia, a 7 ans, Axelle a soufflé trois bougies et la cadette, Adèle, n’a que 6 mois.

 

Audrey vit dans la région depuis quatre ans, principalement pour le travail.  Elle est assistante technique en pharmacie dans un hôpital.  Elle n’a pas d’entourage.  Sa famille habite dans l’Outaouais, près de Montebello.   La relation avec le père d’Alicia est difficile.  Le papa d’Axelle vit à Rawdon. Toutefois, malgré que le père d’Adèle ne vit pas avec elles, il donne un bon coup de main à la matriarche.

 

« Je ne refuserais pas plus d’aide », partage Audrey, qui a adopté le mode solution au quotidien.  Elle a récemment fait la demande pour faire partie du programme d’exonération financière pour les services d’aide domestique de la RAMQ, qui permet d’avoir 4 heures d’aide-ménagère chaque 2 semaines avec la coop Chiffon Magique.  Elle utilise les services de coaching familial du CLSC et, avec ses enfants, elle fréquente les activités de la Maison de la famille du Nord, à Mont-Tremblant.  Audrey a aussi reçu de l’aide de l’organisme Habillons un enfant.

 

« Mes filles sont super sociables et moi aussi.  À la maison, on trouve que ça devient long et plate.  Donc, on sort et on participe à plein d’événements gratuits !  Les foires gourmandes, les fêtes de quartier, la Journée familiale à la station Mont Avalanche, la Fête des couleurs à Saint-Donat.  On fréquente souvent la bibliothèque municipale à Lac-Supérieur et la piscine de Tremblant pour les cours de natation.  Quand on me voit débarquer toute seule avec mes trois petites, on me dit souvent : mon doux que t’es bonne et courageuse », témoigne Audrey, qui doit déjà planifier son retour au travail, prévu en avril.

 

Une période de vie difficile

 

Il y a quatre ans, à la fin de ses études techniques, Audrey a obtenu un stage de travail en milieu hospitalier.  On lui a offert un poste.  Elle est donc restée pour y travailler.

 

Dans son milieu de travail, les salariés qui ont le statut d’Audrey n’ont pas de congé de maladie et ont droit à deux congés par mois, qu’il faut demander et qui doivent être autorisés. Durant sa première année comme employée, les allergies sévères de la petite Alicia ont engendré une pneumonie et Audrey a manqué 40 heures de travail cette année-là.

 

Elle est ensuite tombée enceinte d’Axelle.  À cause de microbes auxquels elle a été exposée au travail et qui ont causé son hospitalisation, un retrait préventif lui a été imposé.  Suite à l’accouchement et au congé de maternité, son retour au travail fut rapidement interrompu par une dépression qui a duré près d’un an.

 

« Quand je suis retournée au boulot, suite à la dépression, je vivais beaucoup de stress. Le jugement de mes pairs se faisait sentir.  L’adaptation était difficile, d’autant plus que dans mon domaine, tout change constamment », explique Audrey, racontant que – coup sur coup – durant cette période, elle a eu un accident de voiture et apprenait qu’elle était à nouveau enceinte.

 

Planifier le retour au travail

 

Belle victoire ! Depuis septembre, à raison de deux jours par semaine, la petite Axelle fréquente le CPE Bambouli à Sainte-Agathe-des-Monts.  « Ce qui veut dire qu’Adèle a maintenant priorité pour une place dans ce centre.  On m’a informée qu’il est fort probable que mes deux filles puissent y avoir une place à temps plein à partir de juillet 2020 », proclame Audrey, qui est prête à prolonger son congé de maternité de quelques mois, à ses frais, sans pénalité, pour faciliter la nouvelle routine de la maisonnée.

 

L’idéal pour Audrey serait de recommencer à travailler à temps partiel, pour progressivement arriver à faire un temps plein.  Toutefois, des défis se présentent sur son parcours.  « N’ayant pas un poste permanent, les horaires sont variables. Je dois souvent travailler sur appel et quelques fins de semaines par mois » explique la mère monoparentale qui imagine déjà les défis de transport et gardiennage.

 

Malgré tout, Audrey demeure optimiste et souhaite faire la demande à son employeur pour obtenir un horaire fixe.  « Ce serait tellement plus facile pour mes filles et moi, car ça nous permettrait d’avoir une vie équilibrée.  À mon avis, en s’adaptant aux nouvelles réalités familiales, les employeurs sont gagnant aussi, puisqu’ils auront des employés plus productifs, ils amélioreront leur rendement et diminueront les coûts liés à l’absentéisme », conclut Audrey, qui investit aujourd’hui son énergie sur les solutions plutôt que sur les problèmes. 

 

 

 

 

Texte: Anny Champoux