17/12/2019 –  Ils se sont rencontrés à une époque où ils étaient fougueux, aventureux et enivrés par la légèreté de la vie. Tous les deux pratiquaient le kite-surf et ils décidèrent de partir voyager et vivre en vanette pour quelques mois. Leur quotidien se vivait au gré du vent. À ce moment-là, ils pratiquaient la randonnée en montagne, nageaient dans les lacs, faisaient du snowboard, du ski de fond, du roller blade, du vélo, du yoga et de l’escalade, entre autres.  La naissance de leur premier enfant, Amaë, un bébé aux besoins intenses (BABI) a complètement changé leur vie. 

 

Elle est leur cadeau de la vie tant attendu et elle est arrivée avec toute son énergie de bébé… intense ! « Elle demandait à boire en continu, pleurait pour le sein sans arrêt. Pendant les six premiers mois, elle buvait à toutes les heures et demies, si ce n’était pas en continu », se souvient Martine, dont le livre Le bébé et l’eau du bain l’a, plus tard, inspirée à demeurer à la maison les premières années pour s’occuper de ses enfants.

 

Aujourd’hui, Martine et son conjoint Raphaël vivent avec leurs deux filles – Amaë, âgée de 3 ans et demi et Soléa, de deux ans sa cadette – dans leur maison située sur le bord d’un lac, à Val-Morin.  Elle est productrice/réalisatrice vidéo et étudie pour obtenir son diplôme en naturopathie, sa 2e passion.  Lui, est ingénieur et travaille à Saint-Jérôme.

 

Martine a toujours été une personne passionnée de questions qui sortent des sentiers battus.  « Ça fait partie de ma personnalité », répond la documentariste qui a réalisé le film Conscience à bord, où chercheurs, scientifiques, physiciens et philosophes sont questionnés à propos de la nature du réel et amenés à exposer leurs plus récentes recherches en ce sens.  La journée même où elle accouchait de son film, en grande première au Théâtre du Marais, elle apprenait qu’elle était enceinte d’Amaë, sa première.  C’était le 10 septembre 2015.

 

Un départ houleux

 

Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts.  « La grossesse a été idyllique.  J’étais très active », souligne l’Agathoise d’origine.  L’accouchement a débuté à la maison de naissance.  « Au moins une douzaine de personnes se sont relayées durant les 38 heures qu’a duré la naissance. C’était long et très difficile.  J’ai fini par avoir une aide médicale », confie la maman qui a été transférée à l’Hôpital de Saint-Jérôme, parce que l’accouchement n’aboutissait pas.  Amaë est née au printemps 2016.

 

Amaë pleurait beaucoup.  Elle ne semblait jamais rassasiée et on arrivait à la calmer seulement avec des mouvements précis, en la promenant d’une certaine façon et en bougeant constamment. Pas question de la déposer, même quelques secondes. Les siestes ?  On oublie ça ! Du moins les premiers mois. « Nous, au début, on pensait que c’était « normal » : c’était notre première.  Plus tard, nous sommes tombés sur un article de Naître et Grandir qui décrivait une famille qui vit avec deux bébés aux besoins intenses (BABI). On y citait exactement tout ce que Raphaël et moi vivions, à quelques différences près », poursuit la maman. D’autres textes ont ensuite corroborer cette situation.

 

 

Quinze mois plus tard, Martine était à nouveau enceinte.  « La vie était plus facile depuis qu’Amaë avait commencé à marcher et qu’elle dormait ses nuits.  De plus, on s’est dit qu’avec cette différence d’âge assez rapprochée, les deux auraient une belle complicité », explique la maman, qui a donné naissance à Soléa, avec un accouchement beaucoup plus rapide et moins compliqué, accompagnée d’une ostéopathe.

 

Une année, une montagne à gravir

 

Martine n’avait toutefois pas imaginé que l’année qui suivait allait être aussi rocambolesque !  Sevrée à l’âge de 20 mois, Amaë a commencé du même coup à fréquenter la garderie, à raison de deux matins par semaine, pour l’aider un peu, car elle allait accoucher. Pour un certain temps, ils avaient deux bébés aux couches.

 

« Les allaitements, les couches, affronter les crises de deux ans, aller et revenir de la garderie avec bébé en poussette l’hiver, à temps pour son timing – siestes et boires -, les gastros, arriver à coucher les petites -une en porte-bébé qui pleure, l’autre qui ne veut pas se coucher -, le ramassage en continu, les cris et les demandes incessantes. Je n’avais plus une seconde à moi. Le rythme était effréné », affirme Martine qui, de plus, allaitait sa toute petite aux heures ou deux heures la nuit cette année-là.  « C’est sûr que ça change drastiquement d’une vie d’aventures, de plein air et de voyages disons ! Au-delà de tout ça, nous adorons nos filles et n’imaginerions pas notre vie sans elles ».

 

Malgré ces difficiles premières années et cette tornade d’activités quotidiennes, Martine est heureuse que ses filles grandissent dans leur milieu entouré de nature. « Je me sens vraiment privilégiée de profiter de ces années avec elles. Ces moments de proximité ne reviendront jamais. Elles grandissent tellement vite ! Raphaël et moi, on a su développer des moyens adaptés à nos besoins et à notre style de vie pour leur donner la chance de grandir à la maison le plus possible.  Amaë fréquente la garderie 2 à 3 jours par semaine et Soléa ira seulement à 2 ans. Depuis quelques mois, c’est plus facile.  Et, en vivant au bord de l’eau, on profite maintenant de la nature chez nous. Nos deux petites sont déjà aussi amies qu’on l’imaginait ! »

 

L’été prochain, Martine prévoit recommencer à travailler. « Et il me reste une année d’études pour terminer ma formation en naturopathie. Raphaël est aussi un papa très présent et ça aide beaucoup.  Un jour, on se dit qu’on pourra peut-être voyager en van avec nos petites.  Retrouver un peu cette vie d’aventure que l’on avait avant, et en famille cette fois ! », conclut Martine, forte de ces riches expériences de vie.

 

Texte: Anny Champoux en collaboration avec Martine Laliberté

Photos: Gracieuseté de Martine Laliberté


 

** Ressources pour les parents

Il n’existe pas de ressources qui visent exclusivement les parents de BABI.  Sur le territoire. il est possible de faire appel à d’autres formes d’aide, entre autres dans le secteur communautaire: la Maison de la famille du Nord et les haltes-garderie (Ste-Agathe-des-Monts / Mont-Tremblant).

Sur le web, il y a des groupes Facebook dont Parents de BABI/EABI , BABI/EABI du Québec , Bébés et Enfants Aux Besoins Intenses , etc. Le site de Naître et grandir offre aussi de bons conseils, que ce soit pour la gestion des pleurs et de la colère, le sommeil, le tempérament, etc.

Et pour de l’aide et de l’écoute en soutien téléphonique, vous pouvez appeler l’un des numéros suivants: