19/03/2020  – Peu importe s’il y a une pandémie ou non, Anny est boulonnée à son ordinateur.  C’est elle qui rédige les portraits de famille et qui contribue à sa façon à l’Info-Famille du Cal en bourg 0-5 ans. « Puisque je suis travailleur autonome, j’ai la chance de travailler d’où je veux.  Et mon lieu préféré pour écrire mes textes est à la bibliothèque de mon quartier.  Quelle ne fut pas ma tristesse quand je me suis frappée à une porte close la semaine passée.  J’avais vraiment le goût de pleurer », avoue-t-elle, soulignant que depuis, elle s’est aménagée un espace de travail tranquille dans son appartement.

 

Anny a trois enfants : l’aîné, Mitchell (24 ans), Mack, qui vient de souffler 23 bougies et Allison, âgée de 21 ans. « Ce n’est pas parce qu’ils sont grands que mes enfants n’ont plus besoin de moi !  Les besoins changent quand ils grandissent et, en période de pandémie, ils peuvent être particuliers.  Je prends à cœur de tout faire pour aider mes grands papouettes du mieux que je peux », explique-t-elle.

 

Depuis un an, Allison est copropriétaire du Café Velours, à Montréal.  « C’est déjà difficile d’être entrepreneure et d’avoir à gérer une entreprise.  En temps de crise, c’est une autre paire de manches !  Je m’implique avec elle pour suivre de près et trouver les mesures d’aide aux PME et dénicher des intervenants socio-économiques de son quartier qui pourront l’aider », précise Anny.

 

Sa façon d’aider Mitchell est différente : « Mitch vit en appartement.  Il n’a pas de voiture.  Pour son épicerie, il la fait habituellement à pied et par petites quantités.  Pour m’assurer qu’il ait des réserves, aux cas où, je suis allée faire l’épicerie avec lui avec ma voiture.  On en a profité pour passer du bon temps ! Sachant qu’il est sensible au stress, on communique plus fréquemment ensemble et je m’assure qu’il sache que je suis toujours là pour lui ».

 

Pour sa part, Mack apprend le métier de menuisier à Halifax, en Nouvelle-Écosse. « Même s’il est loin, on se sent proche. Je pense que c’est lui qui m’aide, plus que l’inverse !  Je l’appelle souvent pour lui parler de mes joies et de mes défis.  Le pauvre, il écoute toutes mes histoires ! », ricane Anny, dont le plus grand souci présentement est sa maman qui est gravement malade.  « J’allais la visiter tous les jours avant les récentes restrictions.  On s’ennuie beaucoup l’une de l’autre.  Je l’appelle matin et soir.  On sait qu’on doit suivre le protocole pour le bien-être collectif et on le fait », conclut Anny qui croit qu’une force émerge de chacun de nous dans les moments difficiles.