26/03/2020  – Le couple de Valdavidois, originaire de la France, Lise et Thibaut, trouvaient la vie compliquée lorsqu’ils habitaient en Haute-Savoie, face au Mont Blanc. Le Québec les avait déjà charmés et le désir d’y vivre et d’y fonder une famille a pris forme avec leur « Projet Canada ».  Toutefois, une heureuse surprise du nom de Juliette est arrivée dans le processus d’immigration. 

 

« Nous avons appris ma grossesse pendant que nous faisions nos démarches de résidence permanente, de France pour venir vivre au Canada. Nous avons vécu l’arrivée de notre petite loutre Juliette dans ce long processus », raconte Lise, avant d’ajouter : « Ce qui nous a amené à vivre un premier changement de pays, aux États-Unis, lorsqu’elle avait 13 mois, avant d’enfin obtenir notre visa et notre arrivée au Québec, lorsqu’elle avait 2 ans ».

 

Juliette avait 3 ans lorsqu’ils ont trouvé domicile à Val-David. Un long parcours rempli de péripéties et d’adaptation !  Aujourd’hui, à 6 ans et demi, Juliette est une enfant pleine de vie avec des défis et qui s’est bien adaptée à la communauté.  « Et nous attendons un heureux événement pour juillet », s’enthousiasme la maman.

 

Pit stop à Chicago

 

Les astres étaient alignés.  Quelques temps après la naissance de Juliette, une proposition a été offerte à Thibaut, par son employeur de l’époque, d’aller travailler à Chicago.  « On avait déjà obtenu notre Certificat de sélection du Québec et on était en attente de notre Permis et Visa de travail du Canada.  On s’est dit qu’on allait fort probablement recevoir la réponse du fédéral durant notre séjour à Chicago.  C’était un pari ! », se rappelle Lise, dans cet esprit d’aventure.

 

C’est en août 2014 qu’ils ont quitté leur pays natal et sont arrivés en sol américain.  « Thibaut voyageait beaucoup pour le travail. Je me retrouvais souvent seule avec ma petite Juliette âgée de 13 mois, dans un pays où on ne parlait pas la même langue et où je ne connaissais personne », confie la maman qui observait que sa petite vivait des chamboulements.  « Juliette avait de la difficulté à s’adapter au changement.  C’est une enfant hypersensible.  Elle faisait beaucoup de crises et ne dormait pas ses nuits. Elle n’a marché qu’à 14 mois et commencé à parler qu’à deux ans », précise Lise.

 

Quelques mois après leur arrivée, Juliette a été admise à temps partiel dans une garderie du quartier et Lise a profité de ces moments pour apprendre l’anglais.

 

L’arrivée en terre d’accueil

 

En février 2015, le gouvernement du Canada leur confirme qu’ils sont acceptés comme résidents permanents.  En mars, Lise et Juliette visitent Montréal dans le but de trouver un logement.  « Ce n’est pas vrai que d’arriver dans une grande ville est plus simple qu’en région, surtout quand on a un enfant et un chien », soutient-elle.

 

Aucun propriétaire ne voulait les accepter.  « C’était difficile et décourageant avec la poussette dans la slush du printemps, de rendez-vous à rendez-vous », témoigne Lise qui, heureusement, était hébergée chez une bonne amie à elle. « Un propriétaire nous a acceptés pour le 1er juillet.  Un appartement dans l’Est de Montréal, pas très loin du Jardin Botanique. On s’est vite rendu compte que c’était un charlatan », précise-t-elle.

 

Lise et Juliette sont arrivées par avion, à Toronto, le 2 juillet suivant. Thibaut, accompagné de leur compagnon canin, est arrivé à Montréal en camion, deux jours plus tard, avec le déménagement. « C’était la Fête du Canada à Toronto et nous étions les deux seules à l’immigration.  L’accueil était super !  On nous a même remis de petits drapeaux. Ce fut un beau moment », relate Lise.

 

Les neufs mois suivants parurent comme une éternité pour Lise.  « J’ai réellement cru qu’on allait retourner en France.  Thibault devait partir du lundi au jeudi pour le travail.  Les proprios n’étaient pas cool.  Je passais mes journées entre le transport de Juliette à la garderie en milieu familial, le parc à chien, la popotte et le ménage.   Je me suis perdue là-dedans.  Ce n’est pas ça que je voulais », se souvient-elle.

 

Jusqu’à ce qu’ils décident d’aller passer une semaine à Val-David.  « C’est ça le Québec qu’on cherchait ! », s’exclame encore aujourd’hui Lise, avant d’enchaîner : « On connaissait déjà ce petit coin de paradis, pour avoir visiter le Village du Père Noel durant le temps des Fêtes, lors d’une excursion au Québec, alors que nous vivions à Chicago ».   En février 2016, ils ont débuté la recherche d’une maison.  En avril, ils l’ont acheté et sont déménagés le 1er mai.

 

S’intégrer à une nouvelle communauté

 

Il est cocasse d’observer qu’avant d’immigrer en Amérique, Lise avait pris le temps d’inscrire Juliette à La Place 0-5 ans, le portail des services de garde.  En achetant la maison à Val-David, la maman a fait le rituel du changement d’adresse, tout en gardant la demande pour une garderie à temps partiel. Quelle ne fut pas la surprise de Lise quand, à peine un mois plus tard, elle reçoit un appel du CPE La Bambouli à Val-David, lui offrant une place pour Juliette !

 

Lise s’est rapidement trouvée un emploi comme éducatrice spécialisée et Thibault, étant fatigué d’être constamment sur la route et souhaitant passer plus de temps avec sa famille, a changé d’emploi.  Il travaille aujourd’hui à la Clef des champs et voyage au boulot à vélo.

 

Bientôt, Juliette aura 7 ans.  Son accent n’est pas très prononcé et tend plutôt vers le québécois. Malgré qu’elle n’aime toujours pas attirer l’attention et qu’elle préfère rester dans sa bulle, elle a su bien s’intégrer.  « Elle a des amis.  En classe, ça va bien.  Elle a vraiment sa place.  Juliette a une belle force et on voit qu’elle déploie ses ailes. Elle est chez-elle ici !», décrit Lise qui, pour sa part a pu tisser des amitiés avec Les Mamans Bios et en participant aux activités proposées aux familles, les vendredis, au Chalet Dion de Val-David.

 

Être enceinte en temps de pandémie

 

« On retourne en France deux fois par année. L’été dernier, Juliette et moi y avons passé cinq semaines ensemble.  Je suis ensuite revenue toute seule et elle y est restée quatre semaines de plus avec ses grands-parents, avant qu’ils ne reviennent tous ensemble », mentionne Lise, spécifiant que cette année sera spéciale puisque leur deuxième enfant naîtra en juillet. 

 

« J’espère que, comme prévu, mes parents seront là aussi.  Leur arrivée était prévue à la mi-juin et leur séjour était supposé se poursuivre jusqu’en septembre », souligne la maman qui s’inquiète aussi des autres conséquences de la pandémie, notamment pour ses rendez-vous médicaux et son accouchement.

 

« On suit à la lettre le même protocole que tout le monde.  Étant accompagnée par une sage-femme, je me réconforte à l’idée d’accoucher dans une maison de naissance.  J’espère que tout va bien se passer : autant pour nous que pour mes parents qui sont en France et qui frôlent la soixantaine », confie Lise qui, pour rester calme, regarde le sourire de Juliette et va se promener en famille dans la forêt avec les chiens.

 


Texte: Anny Champoux

Photos: Gracieuseté de Lise