Dès l’âge de 5 mois et demi, la petite Elsie a pris l’habitude d’aller sur le pot.  « Elle commençait à peine à s’asseoir », se rappelle sa maman. Imaginez le bonheur des parents, Aude et Gabriel, qui n’ont plus eu à nettoyer les couches lavables de caca, depuis que leur enfant a 8 mois ! 

 

Sachant qu’elle a beaucoup voyagé, on pourrait penser que cette technique d’hygiène, appliquée par Aude, vient du bout du monde.  Hors, ce n’est pas le cas.  «  C’est une amie qui vit à Montréal, qui m’a expliqué cette façon simple de favoriser la propreté de l’enfant en bas âge.  D’autres amies m’avaient parlé d’une hygiène naturelle infantile plus stricte. Mais comme pour l’introduction des solides et le sommeil du bébé, j’ai plus tendance à faire un mélange de méthodes et d’intuitions», précise-t-elle.

 

Le rêve de toute une vie

 

Aude est originaire de Jonquière.  Incluant quelques années de voyage, elle a habité à Montréal pendant près de 13 ans  avant de tout laisser derrière elle, pour partir sac au dos en Amérique du Sud.  « J’étais costumière pour le Cirque du Soleil depuis plusieurs années. J’aimais mon métier mais j’avais besoin de me sentir plus utile. »  Après avoir entamé des études en hypnose et en Programmation Neuro Linguistique (PNL), je suis partie avec l’idée de peut-être trouver un endroit où vivre », confie-t-elle.  Aude avait prévu partir pendant deux ans.  Elle est revenue au bout de huit mois. « C’était la première fois que j’avais de la misère à trouver ma place en voyage. J’étais prête à me stabiliser.» C’était en 2015.

 

À son retour au Québec, ayant carte blanche pour créer sa vie, elle s’est rappelée d’un séjour qu’elle avait passé à Val-David cinq ans plus tôt et décida de s’y installer.  « À l’époque, je m’étais dit que c’était une place où je pourrais vivre : la vibe, l’esprit communautaire, la nature, l’environnement.  Je ne m’étais pas trompée ! », lance-t-elle, partageant qu’elle avait aussi choisi de changer sa façon de voir les choses par rapport à l’amour : « Au lieu d’attendre de trouver mon partenaire pour faire la vie que je voulais, je me suis dit que j’allais faire la vie que je voulais avant de trouver mon partenaire ».

 

Trois mois plus tard, Aude et Gabriel se rencontraient. Vivant une relation joyeuse, simple et fluide, les étapes se sont rapidement enchainées et il allait de soi de créer le fruit de cet amour!

 

Être ouverts aux alternatives

 

À son retour d’Amérique du Sud, Aude a terminé ses études et elle est devenue Coach en Programmation Neuro Linguistique (PNL)  et en Hypnose Humaniste.  « Ce sont des approches brèves et positives axées sur les solutions. Elles offrent des outils qui permettent de se centrer et de faire ressortir le meilleur de soi pour atteindre ses objectifs », décrit brièvement la praticienne qui a choisi de se spécialiser en périnatalité.  D’où l’idée de prendre un cours pour devenir Doula, au Centre Pleine Lune, avec Isabelle Chalut et Amélie Blanchette, ne sachant même pas qu’elle allait tombée enceinte un mois après son inscription !

 

« Tout au long de ma grossesse, je me suis sentie bien préparée. Gabriel et moi avions convenu que j’allais accoucher à l’Hôpital Laurentien de Sainte-Agathe-des-Monts et que nous allions être accompagnés par la Doula Amélie », explique la maman qui, durant les 19 heures de travail actif, s’est parfois sentie fatiguée et vulnérable.  Malgré le dur labeur, bébé Elsie est née sans complication et en santé, au grand bonheur de ses parents ! « La présence active de mon amoureux et d’Amélie puis mes outils d’hypnose m’ont aidée à me rendre jusqu’au bout sans intervention médicale », informe la maman.

 

Avec leurs valeurs, il a été naturel pour Aude et Gabriel de choisir l’allaitement du nourrisson et d’adopter les couches lavables.  « Je n’étais pas prête à aller jusqu’à l’hygiène naturelle infantile, où on n’utilise pas de couche dès la naissance du bébé.  Ça me semblait exigeant de toujours avoir les yeux rivés sur l’enfant pour prévenir les dégâts », explique la maman, avant d’ajouter : « C’est là que mon amie qui a deux garçons plus vieux m’a dit qu’à 5 mois et demi, c’est un bon temps pour commencer le pot, tout en gardant la couche lavable le reste du temps ».  Ce qui fut fait. À chaque changement de couche puis avant et après les siestes, Aude ou Gabriel assoyait Elsie sur le petit pot coussiné.  « C’est important de savoir que c’était toujours associé à un bon moment.  On en profitait pour lui lire des histoires.  De là son amour pour les livres, je crois ! », précise Aude.

 

Tout près de la victoire !

 

À huit mois, Elsie a arrêté de faire caca dans sa couche.  Aujourd’hui, à 13 mois, la petite demoiselle mouille ses couches de moins en moins.  Par un langage de signes inventés par Aude, Elsie peut communiquer pipi (les deux index ensemble) et caca (les deux poings ensemble) à ses parents. « Ce matin encore, elle m’a fait le signe et elle a aussi dit pipi, pot.  Et, dès que je la mets sur le pot, ça fonctionne ! », partage la fière maman.

 

Comme les imposantes couches lavables ne lui semblent pas très ergonomiques pour la marche, Aude laisse désormais Elsie la plupart du temps sans couche, dans un style d’hygiène naturelle.

 

Pendant le confinement, la famille profite de la grande forêt qui entoure leur maison.  Malgré cette chance de vivre dans la nature et de ne manquer de rien, Aude, empathique, partage son inquiétude : « Je constate que ce qui arrive en ce moment ne fait qu’aggraver la situation d’innombrables personnes pauvres et des plus vulnérables, partout dans le monde.  J’espère que cette pandémie fera prendre conscience à l’humanité de sa fragilité et que des actions concrètes seront prises pour assurer un avenir où tous auront accès à de la nourriture saine puis de l’eau et de l’air purs.  Je garde espoir et je le fais pour l’avenir de ma fille ».

 

 


Texte Anny Champoux

Photos: Gracieuseté de la famille