23/04/2020  – Après avoir œuvré durant 13 ans comme éducateur en CPE, Didier a fait le choix de devenir responsable d’un service de garde en milieu familial accrédité. « Il y a trois ans, j’ai décidé de m’installer dans le domaine de minimaisons Les Hameaux de La Source, à Lantier, et y ouvrir le Service de garde Vivre l’Enfance. En temps normal, six enfants, âgés entre 9 mois et 5 ans, fréquentent mon service de garde », souligne Didier. Depuis le début du confinement, sur une base volontaire, il est resté ouvert pour deux de ces familles, qui ont besoin de son service de garde d’urgence.

 

Les garderies forestières

 

Habituellement, c’est la règle, le masculin l’emporte. Toutefois, dans son milieu professionnel, c’est tout le contraire pour Didier qui est entouré de femmes. « Je trouve une certaine fierté de faire quelque chose d’hors-norme », lance cet homme qui a étudié en Techniques Policières avant de se tourner vers les tout-petits. Il raconte : « Pour payer mes études policières, je travaillais pour une entreprise qui offrait des cours parascolaires. J’adorais ça ! Et je me voyais devenir animateur ou éducateur ». Quand Didier a complété sa technique d’éducation à l’enfance, son premier stage a été en CPE. « C’est là que j’ai eu la piqûre. Pour les tout-petits, tout est une découverte, j’ai du fun à les observer et je me sens une responsabilité d’être un guide pour eux », explique Didier.

 

 

Le choix d’ouvrir un service de garde en milieu familial allait de soi pour Didier qui se sentait contraint par toute la règlementation des CPE, quand il parlait de cultiver un potager ou d’élever des poules. Inspiré par le concept de pédagogie des garderies forestières, en Allemagne et en Norvège, Didier intègre au quotidien cette pédagogie alternative axée sur un apprentissage actif, en jouant dehors, où l’adulte est vu comme un guide, plutôt qu’un enseignant. « On se promène dans la forêt, on lance des roches dans le ruisseau, on écoute les oiseaux, on grimpe sur les roches. Les poupons font leur sieste au grand air, dans le chariot couvert, pendant les randonnées. Ça rempli notre quotidien. Les familles qui m’ont choisi, c’est pour mes valeurs et ma philosophie », souligne-t-il, précurseur dans son domaine.

 

Privilégié de vivre dans le Nord

 

En novembre dernier, alors qu’il a commencé à entendre parler du virus COVID-19, Dider trouvait la situation inédite. « Depuis que les écoles ont fermées, je me sens très privilégié de vivre dans le Nord. J’imagine que ce doit être pas mal plus stressant de travailler dans un service de garde d’urgence à Montréal ou à Laval », confie-t-il, sensible aux commentaires des deux enfants qui fréquentent toujours son service de garde : « Ils savent que ce n’est pas comme d’habitude. Ils nomment le nom des autres enfants et demandent ce qu’ils font ». Régulièrement, Didier discute par Skype ou courriel avec les quatre autres familles pour être à l’écoute de leurs besoins et profite de l’occasion pour transmettre des nouvelles à tous les membres de cette communauté qu’il bâtit petit à petit, fondée sur un lien commun qu’est la nature.

 

 

Pour des informations sur la garde en milieu familial et les prérequis pour ouvrir un service de garde à la maison, veuillez contacter le CPE/BC L’Antre-Temps de Ste-Agathe-des-Monts au 819-326-6515.

 


Texte: Anny Champoux

Photos: Gracieuseté de Didier Merette Dufresne