05/05/2020  – Entouré de touristes français, allemands et italiens, alors qu’il était en vacances à Cuba avec sa conjointe Renata et ses deux enfants, Matéo (6 ans) et Livia (3 ans), Sébastien, propriétaire et chef du restaurant sEB l’Artisan culinaire, a été pris d’anxiété quand les mesures de confinement ont été annoncées et qu’il a appris la fermeture des frontières.  « J’ai commencé à bad tripper d’être en contact avec tous ces gens qui arrivaient de pays infectés par la COVID-19, spécialement au buffet, quand nous devions toucher les mêmes plateaux et ustensiles », confie-t-il.

 

C’est à ce moment qu’il a reçu un courriel de l’un de ses grands gourous, Tony Robbins, qui suggérait de tourner son focus vers l’essentiel, pour diminuer l’angoisse.  « Deux jours après, j’ai réussi à changer ma façon de penser.  Je me suis alors demandé comment je pouvais faire pour aider ma communauté. Et c’est là que j’ai eu la vision des Chefs à la rescousse », raconte l’entrepreneur, motivé et fin prêt à vivre en famille la quarantaine qui les attendait à leur retour à Mont-Tremblant.

 

Impliquer sa famille

 

Renata est Polonaise d’origine, elle a décidé d’immigrer au Canada quand Sébastien le lui a proposé.  « On s’est rencontré la première fois alors que je faisais un contrat sur un yacht privé dans les Caraïbes, sur lequel elle travaillait aussi.  On s’est revu à Paris en 2011 et c’est là que je l’ai invitée à faire sa demande de visa de travail et de venir me rejoindre au Québec », raconte Sébastien, originaire de Montréal. Ce loup de mer a parcouru la planète de port en port avant de choisir Mont-Tremblant, en 2005, pour y ouvrir son restaurant orienté vers la perfection du produit artisanal.

 

La famille s’est formée. C’est le petit Matéo qui est arrivé le premier.  « Il a eu la chance de venir avec moi partout. À Montréal pour faire les achats.  Dans le Food Truck pour servir les boissons gazeuses, lors des gros événements.  Il a toujours été impliqué », détaille le papa qui explique qu’avec deux enfants, ce n’est pas la même dynamique. « Quand Matéo vient avec moi, ma p’tite Livia trouve ça plate.  Ce n’est que tout récemment qu’elle a commencé à venir au restaurant avec Matéo et moi. Elle s’assoit dans la cuisine, me regarde travailler et me pose des tonnes de questions.  Elle apprend, comme Matéo qui a acquis un bon bagage d’expériences », souligne Sébastien, avant d’ajouter : « C’est le constant soutien de Renata qui me permet d’être l’entrepreneur que je suis ».

 

Tendre la main aux plus démunis

 

De retour au Québec le 17 mars dernier, Sébastien et sa famille ont vécu leur quarantaine, confinés à la maison.  « Au début, c’était intense.  On s’est créé une petite routine.  On est chanceux d’avoir deux enfants en bas âge qui jouent bien ensemble », décrit Sébastien qui explique que c’est durant ces deux semaines qu’il a créé l’organisme Chefs à la rescousse. « Une équipe s’est rapidement formée, le projet a été lancé et les premiers plats ont été livrés le 9 avril », continue l’artisan culinaire.

 

Alors que les chefs du gouvernement instauraient des mesures pour ralentir la propagation du coronavirus, les chefs cuisiniers du Grand Mont-Tremblant et de Sainte-Agathe s’unissaient pour tendre la main aux plus démunis.  « C’est notre façon de redonner aux aînés, aux familles à faibles revenus, aux jeunes défavorisés et aux personnes à mobilité réduite.  C’est une réalité qui frappe dans la MRC des Laurentides, de savoir qu’il y a de nombreuses personnes dans le besoin.  Et maintenant, c’est pire », souligne Sébastien qui travaille de pair avec Casey’sCentraide Hautes-LaurentidesIGA TellierLe P’tit CaribouOrigine Nature, PizzateriaRouge Marketing, St-Hubert et la Ville de Mont-Tremblant.

 

« On est tous fiers et ça nous fait du bien de pouvoir redonner à la communauté.  Je ne pourrai jamais assez remercier les bénévoles et les partenaires qui mettent en commun leurs forces pour offrir pas moins de 2000 portions par semaine, de repas sains et équilibrés », lance l’initiateur de ce mouvement d’entraide.

 

Trouver l’équilibre

 

Sébastien se trouve chanceux, car il voyage beaucoup et passe du temps de qualité avec sa famille.  « Pour trouver l’équilibre, il s’agit de mettre les priorités à la bonne place », répond-il, spontanément.  Quand l’entreprise va bien, il a la flexibilité de travailler pendant que les enfants vont à l’école et la liberté de passer toutes ses soirées à la maison.

 

« En ce moment, c’est moins évident de trouver l’équilibre entre le travail et la famille. Pour maintenir la cadence, je dois travailler plus qu’à l’habitude. J’essaie de me libérer de temps en temps pour aller sur le bord de la rivière, pêcher avec Matéo. On fait parfois du vélo », souligne le papa qui fait bonne équipe avec sa conjointe.  « Renata s’occupe des enfants à temps plein en ce moment et, sans son appui inconditionnel, je ne pourrais pas faire ce métier que j’aime et piloter ce projet qui me tient tant à cœur », conclut Sébastien qui, par son réflexe d’altruisme, démontre que l’union fait la force. 

 

————

 

  • Actuellement 450 familles ont besoin de nourriture et ce chiffre est appelé à croître. Les entrepreneurs de la région, chefs, épiciers, bénévoles, se sont associés au projet pour mettre à la disposition des familles dans le besoin de la nourriture saine et équilibrée. Faire un don aux Chefs à la Rescousse.

 


Texte: Anny Champoux

Photos: Gracieuseté de Renata Juszczuk photography et Sébastien Houle