04/06/2020  – Depuis septembre dernier, la première ressource d’hébergement de la région, avec accompagnement pour jeunes femmes enceintes et mères de 16 à 35 ans à faible revenu, a ouvert ses portes à Sainte-Agathe-des-Monts.  La mission du Centre d’Accompagnement Personnalisé pour Jeunes Enceintes ou Mères (CAP JEM) est d’offrir un espace de vie sécurisant, où les résidentes peuvent évoluer et favoriser le développement de leur autonomie.

 

« Nous misons sur un modèle participatif, afin de favoriser l’engagement et la solidarité. De plus, nous encourageons toute personne à prendre la responsabilité de ses actions », souligne Chantal Petit, directrice générale et initiatrice de ce projet qu’elle porte à bout de bras depuis le début.

 

Pour les résidentes et mamans monoparentales, Lori-Jane et Maud, malgré leurs différences de parcours, elles abondent dans le même sens : CAP JEM leur permet de prendre une pause pour se ressourcer, reprendre des forces et continuer leur projet de vie.  

 

Logement économique

 

Suite à une rupture de couple, Lori-Jane, âgée de 21 ans et maman de trois enfants en bas âge, s’est retrouvée dans une situation précaire.  C’est sa travailleuse sociale qui lui a parlé de CAP JEM.  « C’est comme un gilet de sauvetage pour moi d’avoir la chance d’avoir un appartement ici.  Avec mes grossesses rapprochées, j’avais cessé de travailler.  J’y retrouve une solidarité féminine avec d’autres résidentes et nos enfants peuvent jouer ensemble », explique la maman, dont un des défis étaient de ne pas avoir de voiture.

 

À distance de marche de tous les services, CAP JEM offre avant tout un hébergement à prix modique, avec 18 logements individuels adéquats à la clientèle, dont seize 4 ½ et deux 5 1/2. La participante n’a que 25 % de son revenu à payer pour son loyer.  La portion restante du loyer est subventionnée dans le cadre du Programme de Supplément au Loyer de la SHQ.

 

« Aujourd’hui, ça prend tout mon temps pour m’occuper de mes enfants qui sont âgés de 3 ans, 1 an et demi et 6 mois.  J’aime beaucoup cuisiner et chanter pour eux.  Je souhaite m’impliquer dans les projets de friperie et de cuisine collective qui seront développés ici.  Aussi, je prévois terminer mon secondaire et j’adopte au quotidien des habitudes de vie saines.  Car, peu importe où la vie me mènera, je souhaite être un modèle pour mes enfants », confie Lori-Jane.

 

Se sentir chez soi

 

Artiste, Maud vivait de symposium en symposium d’art, avant de décider d’avoir un enfant avec son amoureux.  C’était il y a quatre ans.  Suite à la séparation du couple, Maud s’est tournée vers un travail alimentaire, afin de subvenir aux besoins de sa fille.  « Même en travaillant au magasin, j’avais du mal à arriver financièrement.  Aussi, la conciliation travail-famille était difficile.  Enfin, je ne pouvais pas tasser éternellement ma nature profonde d’artiste, même si j’étais prête à faire des sacrifices », explique-t-elle.

 

Après un an de suivi externe à l’Ombre-Elle, son intervenante lui apprend l’ouverture de CAP JEM. « Si ça n’avait pas été d’elle, je ne l’aurais jamais su ! Le timing était parfait. », souligne Maud, dont les premières craintes de devoir vivre collectivement avec d’autres femmes se sont rapidement estompées.

 

CAP JEM se veut un endroit harmonieux où chaque résidente peut se sentir chez-soi dans son propre appartement, travailler, se détendre, tout en respectant le rythme et les différences de chacune. Dans cet esprit, chaque individu est encouragé à considérer les autres et lui-même, selon sa réalité, ses capacités et son potentiel.

 

Projet de vie

 

Motivée, Maud a recommencé à peindre et continue ses études universitaires à temps partiel pour obtenir une maîtrise en art-thérapie.  « C’est ma façon de m’épanouir, tout en considérant que je pourrai aider la société avec mes apprentissages », précise-t-elle, enchaînant : « Car j’aime m’investir et j’ai osé me faire confiance pour aller de l’avant et développer mon projet d’entreprise ».

 

Après avoir complété la phase 2 du programme S’Entreprendre de la Fondation Lise Watier et outillée du Soutien au travailleur autonome, Maud met présentement en œuvre son plan d’affaires avec une offre de produits et de services qui seront mis en marché d’ici septembre prochain.

 

Au-delà de lui offrir la chance de reprendre son souffle pour s’occuper de son enfant et continuer son projet de vie, Maud voit en la fondatrice de CAP JEM un modèle.  « J’ai beaucoup d’admiration pour Chantal.  C’est rare qu’on voit des gens aussi déterminés.  C’est un mystère pour moi de savoir où elle trouve la force de passer par-dessus tous ses défis.  Chantal est pour moi un modèle de persévérance.  Voir grand. Oser. Et surtout, ne jamais baisser les bras face à un refus », conclut Maud.

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Pour toutes questions concernant la réservation d’un logement à CAP JEM veuillez écrire à capjem.org@gmail.com ou appelez au numéro suivant: 873 228-1789. Une réponse par courriel ou un retour d’appel sera fait dans les 48@72 hrs. 

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Texte Anny Champoux

Crédit photos: Dominic Bouffard