04/06/2020  – Après la naissance de l’aîné, Logan, il y a 5 ans et celle rapprochée de son cadet, Bradley, à peine un an après, Abbie, de Brébeuf, a donné naissance à des jumelles, Darcy et Hazel, en avril dernier.  Les mesures restrictives dues à la pandémie n’ont été qu’une goutte d’eau dans le fleuve de fatigue engendrée par la grossesse et le difficile rétablissement, dû à la césarienne. « Sans Andrew à mes côtés depuis deux mois, je n’aurais pas pu passer au-travers », souligne la maman qui anticipe avec un brin d’inquiétude le retour au travail de son conjoint, la semaine prochaine.

 

Abbie et Andrew sont originaires de la Montérégie-Ouest.  « C’est le travail d’Andrew qui nous a amenés dans les Laurentides », précise Abbie.  Ils ont choisi Brébeuf pour s’établir et fonder leur famille. Les naissances de Logan et de Bradley se sont bien passées.  « J’ai eu deux accouchements naturels.  Le premier a été provoqué à cause d’un début de prééclampsie.  Le deuxième fut rapide et agréable.  On m’a dit que je suis faite pour avoir des enfants ! », lance Abbie, avant de partager : « Pour l’allaitement, ça a toujours été difficile pour moi.  J’ai allaité Logan pendant un mois et Bradley pendant une semaine.  J’essaie de ne pas me culpabiliser avec ça ».

 

Surprise !

 

C’est après avoir regardé quelques photos des garçons, du temps qu’ils étaient tout-petits, qu’Abbie a été prise de nostalgie.  « Andrew et moi on s’était dit que si on voulait un autre enfant c’était maintenant ou jamais », se souvient la maman.  C’était en août 2019. Ne voulant pas trop attendre, ils ont décidé d’essayer.  Pas plus d’une semaine après, Abbie était enceinte !

 

Les trois premiers mois de grossesse ont été difficiles. « J’étais constamment fatiguée, prise de maux de cœur et de maux de dos », souligne-t-elle, précisant que ce sont ces symptômes qui lui ont laissé présager qu’elle devait être enceinte.

 

Le troisième mois de grossesse marque généralement la fin des nausées.  C’est aussi le mois de la première rencontre avec bébé !  « On est allé au rendez-vous de l’échographie en famille. C’était en fin de journée. Pendant que le technicien faisait son travail, je regardais l’écran avec intérêt et je me disais que ça ne se pouvait pas.  Que c’était impossible que ça m’arrive à moi ! », raconte Abbie.  C’est alors que le technicien s’exclamait : « Voyez-vous ça ?  Il y en a deux ! ».

 

« On était tellement content !  C’était comme un miracle ! », se souvient Abbie, qui relate que depuis le début de cette troisième grossesse, le petit Bradley disait qu’il y avait deux bébés dans le ventre de sa maman.  Il avait effectivement raison !

 

Grossesse multiple en temps de pandémie

 

Étant donné que la grossesse multiple est considérée comme à risque, elle nécessite un suivi un peu plus serré. Pendant la 2e partie de la grossesse, le nombre de visites médicales et d’examens est plus élevé. Le but de cette surveillance plus serrée est de prévenir un accouchement prématuré et de détecter rapidement les complications qui pourraient compromettre la santé de la mère et des bébés.

 

« Le 2e trimestre de la grossesse s’est bien passé.  Le 3e, j’étais grosse et lourde.  Mes déplacements étaient difficiles, sans parler de l’inconfort provoqué par les poumons et les organes abdominaux qui étaient plus compressés, puisque les bébés prennent beaucoup de place », décrit Abbie.

 

Lors de l’annonce des mesures de restrictions dues à la pandémie, Abbie était enceinte de huit mois.  À part quelques changements, ce ne fut pas un épisode dramatique pour elle et sa famille.  Avec la fermeture des CPE, Logan et Bradley étaient désormais à la maison avec maman.  « Par chance, ils sont assez autonomes et jouent bien ensemble », souligne Abbie.  Aussi, puisque sa grossesse était considérée à risque, ses rendez-vous avaient lieu à Saint-Jérôme.  « Avec la fermeture des régions, je devais conduire seule pour mes rendez-vous à Saint-Jérôme.  J’étais énorme.  C’était vraiment désagréable mais on ne pouvait pas faire autrement », précise-t-elle.

 

Ce qui a demandé un peu plus de planification, fut de conduire les garçons chez leurs grands-parents en Montérégie, chez qui ils allaient se faire garder durant l’accouchement.  « Le fait que j’avais une césarienne avec une date planifiée, a facilité les choses.  Les jumelles étaient positionnées par le siège. J’ai donc demandé une note à mon médecin, qui a fait en sorte que les policiers ont laissé passer Andrew et les garçons lors de ce voyage considéré comme essentiel », explique Abbie.

 

La journée de l’accouchement

 

C’est seulement deux semaines avant l’accouchement, qu’ils ont eu la confirmation qu’Andrew allait pouvoir être présent à l’accouchement.  « D’une journée à l’autre, l’information changeait.  C’était tellement stressant pour moi, car la césarienne m’inquiétait énormément et je comptais sur la présence d’Andrew pour me rassurer », confie Abbie.   La règle entourant la présence d’Andrew était claire : le papa devait rester dans la chambre en tout temps et ne pouvait pas sortir de l’hôpital avant la date du congé de maman et des bébés.

 

Le couple prévoyait louer une chambre d’hôtel à Saint-Jérôme la veille de l’accouchement, pour éviter le déplacement le jour-même.  Impossible à cause des restrictions.  « On s’est levé tôt ce matin-là.  On est parti avec nos valises et l’essentiel pour les jumelles. On s’est présenté à l’unité des naissances, sans masque et on nous a tout simplement posé les questions de base pour savoir si on avait des symptômes de la COVID-19.  Une heure plus tard, on entrait au bloc opératoire, où on nous a demandé de nous laver les mains, par précaution » détaille Abbie.

 

L’anesthésie locale effectuée, la chirurgie a débuté.  « J’étais tellement stressée, je n’arrivais pas à me débarrasser de ma nervosité.  J’en tremblais. Réveillée et gelée, ça m’a fait paniquer ! C’était psychologique, je le savais.  Je me suis calmée.  J’avais juste le goût de vomir et je n’avais rien à vomir. C’était incontrôlable.  C’était difficile pour moi d’apprécier le moment », se souvient la maman.

 

Jusqu’au moment où elle a entendu le cri des jumelles. « C’était tellement beau ! Et je me suis rappelée pourquoi j’étais là », confie-t-elle. Ensuite, la procédure normale s’est enclenchée. Andrew est monté à la chambre avec les filles, où Abbie les a retrouvés un peu plus tard.   Le dosage des antidouleurs a été compliqué et le rétablissement physique d’Abbie lent et douloureux.  La famille est donc resté trois jours à l’hôpital avant de retourner à la maison. 

 

Le retour à la routine

 

Pour l’allaitement des filles, tout se passait bien à l’hôpital.  « J’ai même réussi à les allaiter en même temps ! Toutefois, au retour à la maison, j’étais trop fatiguée et mon corps me faisait mal partout.  J’ai dû arrêter », confie la maman, qui reprend des forces grâce au support inébranlable d’AndrewLes garçons, à leur façon, sont d’une grande aide aussi. « Ils sont géniaux et empathiques.  Ils aiment les bébés et leur donnent des bisous. Ils aident avec le ménage. On est chanceux que ce soit l’été, car ils adorent jouer dehors, dans la cour », explique Abbie.

 

Quand est venu le temps de présenter les nouvelles venues aux grands-parents, ces derniers étaient intimidés de les prendre dans leur bras, à cause des mesures prônées par le gouvernement.  Ils sont revenus trois semaines plus tard et, sachant de part et d’autre que le confinement assurait que personne n’était infecté, ils se sont laissés amadoués par les petites demoiselles.  « C’est un peu triste parce que les jumelles étaient tellement attendues et maintenant, la seule façon de les présenter à notre entourage est par l’entremise de photos sur Facebook », souligne Abbie, qui est responsable de la bibliothèque à Brébeuf, donc bien connue au village.

 

Le retour à la vraie routine débutera sous peu, avec Andrew qui retourne au travail dans quelques jours et ce, jusqu’en septembre.  C’est alors qu’Abbie prendra le flambeau et réintégrera ses occupations professionnelles à la bibliothèque, pendant que papa demeurera à la maison pour s’occuper des jumelles, jusqu’en février.  Si tout se passe comme prévu, Logan débutera la maternelle au Arundel Elementary School en septembre, tandis que Bradley continuera de fréquenter le CPE l’Antre-Temps, à Mont-Tremblant.

 

« Avec Andrew qui recommence le boulot, j’appréhende le retour de la fatigue.  Malgré que je doute parfois de moi et sachant qu’il y aura de bonnes journées et de mauvaises journées, je sais que ça va bien se passer. De plus, ma mère viendra m’aider un peu !», s’encourage Abbie, qui confirme auprès des femmes enceintes, qu’elles n’ont pas à s’inquiéter pour leur accouchement durant cette crise du COVID-19, puisque le seul changement qu’elle a observé à l’hôpital, c’est que le personnel est plus attentif à leurs besoins.

 

 

Texte Anny Champoux

Crédit photos Dominic Bouffard et Abbie Roy