Avant même de devenir père, David savait qu’il souhaitait être un papa rassurant, un papa présent, avec qui son enfant pourrait avoir du plaisir, tout en étant capable d’avoir la tête froide quand arrive le temps de mettre des limites.  Le tout, en équipe avec maman Nathalie.  « Il m’importe que Félix (22 mois) soit un enfant qui est bien dans sa peau.  Que je puisse l’aider à devenir une personne à part entière, aimée et aimante.  Je souhaite aussi que mon fils développe une belle intelligence émotionnelle », confie David, natif de Sainte-Agathe-des-Monts.

 

Sortir de sa zone de confort

 

C’est à l’époque où il était intervenant à la Maison des jeunes de Sainte-Agathe, que David a rencontré Nathalie pour la première fois.  Nathalie a grandi à Ferme-Neuve. « C’est une amie commune qui nous a présentés », précise-t-il.  Plus tard, quand David a obtenu un emploi au Carrefour jeunesse-emploi Laurentides, une belle relation d’amitié s’est développée avec Nathalie, qui y travaillait aussi.  « Au fil du temps, on est devenu célibataire.  Disons que ça a bien adonné.  À ce moment-là, notre amitié est devenue amour », raconte-t-il.

 

Parallèlement, David terminait son bac en enseignement et l’opportunité d’aller enseigner dans le Grand Nord québécois s’est présentée. « Tous les deux, on avait besoin de vivre un changement.  De sortir de notre zone de confort, se dépayser sur une longue période de temps pour trouver d’autres facettes à nos personnes », explique David, qui ajoute : « C’est en s’engageant tous les deux dans cette aventure que notre couple s’est officialisé ».

 

De beaux hauts et de gros bas ont enrichi leur année vécue loin de leurs repères sociaux et culturels. « Ça nous a prouvé qu’il n’y a pas grand-chose à notre épreuve », soutient David.  C’était durant l’année scolaire 2014-2015.

 

Un petit humain s’en vient !

 

Indécis à l’idée d’avoir un enfant, ils y ont réfléchi.  En jasant du sujet, c’est devenu plus clair qu’ils étaient faits l’un pour l’autre et que c’est ensemble qu’ils souhaitaient devenir parents.  David a appris que Nathalie était enceinte avant les vacances du Temps des Fêtes, en 2017.  « Elle avait caché des petits pots de bébé dans le frigo avant de me rappeler que je n’avais pas fait mon lunch.  Je n’ai rien vu sur le coup.  Quand mon œil est tombé dessus, je pensais que c’était une farce.  Et quand j’ai réalisé que c’était vrai, qu’on allait vraiment avoir un enfant, un gros gros bonheur m’a envahi », raconte David.

 

Durant la grossesse, David avait adopté le rituel d’appliquer du beurre de karité sur le ventre de Nathalie.  Au cours des neuf mois, il chantait des chansons à son enfant qui prenait forme.  Quand bébé bougeait, ils arrêtaient tout pour que David puisse sentir les mouvements du fœtus.  « J’aimais quand Nathalie me racontait dans le détail comment elle vivait sa grossesse », souligne David.

 

Lorsqu’il a appris à l’échographie que l’enfant était un garçon, une intense vague d’émotions l’a submergé.  « Je me suis mis à pleurer.  Ça concrétisait qu’un petit humain s’en venait », décrit-il, précisant qu’ils auraient été tout aussi heureux si l’enfant avait été une petite fille.  Au début du mois d’août, avant l’accouchement, c’était un moment fébrile pour David.  « La chambre était prête.  Il ne restait qu’à attendre l’arrivée de Félix.  J’avais tellement hâte d’y voir la face ! », se rappelle-t-il.

 

Brûlés de fatigue

 

David explique que l’accouchement ne s’est pas déroulé comme prévu, mais que grâce à la présence de leur Doula, une accompagnante à la naissance, il ne s’est pas senti totalement impuissant : « Elle m’indiquait quoi faire pour mieux supporter Nathalie tout au long de l’accouchement. Je me suis senti impliqué à 100% grâce à cela et je crois que mon rôle a pu faire une différence ».

 

Le retour à la maison s’est bien déroulé, « Mais quand le cap des 8 premières semaines est passé, Félix ne voulait plus dormir.  Jusqu’à l’âge de 11 mois, on se levait aux deux heures pour le bercer ou le nourrir. On était littéralement brûlé de fatigue », décrit le papa qui se levait la nuit et dormait le matin, quand Nathalie prenait le relais et ainsi de suite.  « On a trouvé un équilibre et avec les recherches de Nathalie, la situation s’est améliorée. Félix en est même venu à s’endormir par lui-même! », précise David.

 

Travail et famille

 

À la naissance de Félix, David a pris ses huit semaines de congé parental.  « J’ai eu la chance de faire le choix d’un retour progressif de trois jours et demi de travail par semaine, durant la première année.  C’est alors que j’ai réalisé que de pouvoir passer plus de temps à la maison, ça n’a pas de prix ! », confirme-t-il.

 

De plus, depuis les mesures restrictives dues à la pandémie, David est devenu papa à la maison, alors que maman travaille.  Il retournera enseigner seulement l’automne prochain.  « La seule déception que ça engendre, c’est que je n’ai pas pu dire bye à mes élèves.  Ça me fait bizarre », souligne l’enseignant du Centre de services scolaire des Laurentides.

 

Selon David, Félix est un petit bonhomme tout le temps de bonne humeur, allumé et hyper curieux.  « Je pense que c’est le plus beau garçon au monde !  Il retient tout.  Il fait des blagues.  Il adore les livres.  On se tiraille et il aime ça.  On joue.  On a tellement de plaisir ensemble », décrit le papa, sincèrement.

 

La place des pères dans la société change et David a confiance que les hommes comprennent de plus en plus leur rôle auprès de leurs enfants.  « Ce n’est pas hors du commun d’être un père qui aime prendre soin de son enfant et d’être heureux de le faire.  Selon moi, être un bon père, ce n’est pas d’être une copie conforme de la mère.  Ce sont deux rôles différents et complémentaires », conclut David qui ne cache pas son enthousiasme à l’idée d’être un père à part entière pour Félix.

 

Texte: Anny Champoux

Photos: Dominic Bouffard


 

Ensemble, soutenons l’engagement des pères!