À cause d’une incompétence du col de l’utérus, Mélissa a eu une première grossesse difficile, alitée 23 heures sur 24, durant les 17 dernières semaines de grossesse. Suite à la naissance d’Emma (trois ans), Mélissa et son conjoint Gabriel souhaitaient agrandir la famille. Hésitants à l’idée de revivre toutes les contraintes de la première grossesse, le couple de Labelle a été soulagé d’apprendre par la gynécologue qu’elle pouvait faciliter une deuxième grossesse par un cerclage de son col de l’utérus

Le saviez-vous ?  Le cerclage du col est une procédure chirurgicale qui consiste à fermer artificiellement le col, pour que la grossesse puisse continuer jusqu’à son terme. Cette intervention se fait généralement à partir de la treizième semaine de grossesse. La suture est ensuite retirée vers la trente-sixième semaine.  « Ça n’assurait pas une grossesse parfaite mais on était prêt à faire les sacrifices nécessaires », souligne la Labelloise.

Le cœur ne bat plus

Un an et demi après la naissance d’Emma, en octobre 2018, Mélissa apprend qu’elle est enceinte. « Une grossesse planifiée, un bébé attendu, nous étions si heureux de la nouvelle et nous attendions le temps des Fêtes afin d’annoncer la bonne nouvelle à nos familles », confie-t-elle.

Puisque sa grossesse était considérée à risque, Mélissa devait avoir un suivi plus serré, dont une échographie à la 9e semaine.  « Au rendez-vous à la clinique GARE (grossesse à risque élevé), tout a chaviré.  J’entends encore les mots qui résonnent dans ma tête : le cœur ne bat plus. Je n’y croyais pas », confie Mélissa qui ne s’attendait pas du tout à une fausse couche, puisqu’elle était souvent incommodée de nausées matinales et de fatigue, qu’elle associait à sa grossesse. 

« On s’était fait prendre en photo avec ma bédaine pour annoncer ce soir-là, à mes parents, que j’étais enceinte », relate-t-elle avant d’ajouter : « On a beaucoup pleuré puis on s’est ressaisis. Ce 23 décembre on s’en souviendra toute notre vie. Ça fait partie de nous aujourd’hui et c’est impossible de faire comme si ça n’avait jamais exister ».  

Trois jours plus tard, elle a pris les comprimés intra vaginaux qui lui avaient été prescrits. « C’était semblable à de grosses règles.  Après mes règles, j’ai eu une échographie de routine qui nous a confirmé que l’utérus avait expulsé la totalité de l’embryon », explique Mélissa.  « Maintenant, on en parle avec un sourire.  On croit que dans chaque événement malheureux se cache une lueur d’espoir ».

Le cerclage, sans équivoque

Le désir grandissant d’ajouter un enfant à leur famille est demeuré présent.  « Heureusement, ça ne nous a pas arrêtés ! Le cycle d’après, on a continué d’essayer », partage Mélissa, dont le test d’ovulation du 19 juin 2019 était positif.   Deux semaines plus tard, le test de grossesse effectué confirmait qu’elle était de nouveau enceinte.  « Si je n’avais pas eu ma fausse couche, l’enfant serait né aux alentours de cette même date.  Une coïncidence ?  Peut-être ! Mais je trouvais tellement que la vie m’envoyait de belles choses ! », se rappelle Mélissa.

Plusieurs peuvent penser que la grossesse, c’est si simple.  Mélissa, elle, ne prend rien pour acquis. Chaque jour, chaque crampe. Y aura-t-il des anomalies, des complications ?  Suite à la fausse couche, la gynécologue voulait sans équivoque procéder au cerclage, que le col tienne ou pas.  Ce qui fut fait le 5 septembre, à 12 semaines de gestation.

Le cerclage est réalisé par voie vaginale, sous anesthésie.  Ça ne dure que 15 minutes.  Un fil de la grosseur d’un spaghetti est inséré dans la paroi du col de l’utérus, afin de le fermer et empêcher son ouverture.  « Ça tiraille un peu au dégel, c’est tout.  Il y a des risques d’infections, le col peut déchirer, la poche des eaux peut percer, mais tout s’est bien passé », explique Mélissa.  Au 8e mois, le cerclage est retiré pour permettre que l’accouchement se déroule naturellement, par voie basse. Si le travail débute avant, le cerclage est retiré sans aucune difficulté. 

Donner le meilleur de soi-même

Le 5 février, à la Clinique des Sommets, à Sainte-Agathe-des-Monts, on retirait le cerclage de l’utérus de Mélissa.  Le 18 février, à 38 semaines, lors d’un examen de routine, le médecin lui demande si elle souhaite un « stripping » pour décoller les membranes et déclencher le travail.  « Il faisait tempête ce jour-là.  Malgré la neige et le verglas, j’ai répondu oui quand même », se souvient la brave maman. 

À 17h, elle était de retour chez elle, à Labelle. Gabriel est arrivé de travailler et les contractions ont débuté.  La maternité de l’hôpital de Sainte-Agathe a été appelée et le père de Gabriel est arrivé pour s’occuper d’Emma.  Ils sont partis de la maison, en pleine tempête, à 19h, en direction de l’hôpital. « Tout s’est passé tellement vite », souligne Mélissa, qui, à 1h45 du matin donnait naissance à leur bébé. « Je me suis même sentie en état de sortir moi-même mon enfant, après que sa tête et ses épaules soient passées. » précise la fière maman.

 « Entre les suivis GARE et la fausse couche je suis restée positive puis j’ai foncé avec le désir d’agrandir ma famille et ce, peu importe les péripéties ! J’avais la chienne au quotidien, mais c’est ça la beauté d’une grossesse à risque : c’est de prendre une journée à la fois sans même savoir ce qui se passera demain. C’est de ne rien prendre pour acquis. C’est de donner le meilleur de soi-même chaque jour, afin que bébé soit en santé », conclut la maman, devenue marraine d’allaitement.

En cette semaine mondiale de l’allaitement maternel, qui aura lieu du 1er au 7 octobre, Mélissa prend parole en tant que marraine d’allaitement de Nourri-Source afin de normaliser l’allaitement maternel : « Je suis fière en tant que femme et ô combien en tant que maman d’avoir nourri Emma au sein durant 24 mois par choix ! Et maintenant c’est au tour d’Émile qui a sept mois. Merci à Gabriel, mon partenaire de vie, de m’avoir épaulé durant mon allaitement. Un des plus beaux accomplissements de ma vie ! ».

Texte: Anny Champoux

Photos: Dominic Bouffard et Mélissa